Le bowling est un genre particulièrement peu représenté dans le monde de l'arcade. À l'aube des années 90, on peut compter tout juste une quinzaine de titres sortis en arcade depuis les débuts du jeu vidéo. Qui plus est, beaucoup d'entre eux se jouent à la trackball et non avec un contrôle à 8 directions, plus conventionnel. Il y a bien quelques jeux du genre, sortis sur NES / Famicom, mais pas de quoi submerger les joueurs qui seraient désireux de s'adonner à ce sport de façon virtuelle. SNK vient combler ce manque le 10 décembre 1990 avec League Bowling sur Neo·Geo MVS et AES de location. De la plate-forme, du baseball, de l'action, de la réflexion, du golf, du beat them all et à présent, du bowling. Le système de SNK débute sa carrière avec une ludothèque particulièrement variée. Le jeu ressort logiquement le 1er juillet 1991 pour la console AES, cette fois dans une boîte en plastique. Il s'agit de cette version qui servira à ce test.
L'intro ne laisse aucun doute quant à l'origine "arcadienne" du jeu. Les zooms, les quilles terrifiées, l'écran titre flashy à outrance, l'ambiance s'annonce des plus détendues.
Il est possible de faire
une partie comprenant de un à quatre joueurs. Si ce nombre
vous semble restreint, on peut le porter à huit ! Cela est
rendu possible par l'opportunité d'utiliser le câble
de liaison déjà rencontré dans Riding Hero. Même
si la mise en place est des plus fastidieuses (deux téléviseurs,
deux consoles et deux exemplaires du jeu), l'initiative reste fort
sympathique.
- Regulation :
Vient alors le moment de choisir si le joueur sera gaucher ou droitier, puis le poids de la boule de bowling. La plus légère pèse 8 lb alors que la plus lourde en fait 15. Plus la boule sera lourde, plus elle aura une trajectoire stable mais elle nécessitera logiquement davantage de puissance au moment du tir.
Petite parenthèse, il est amusant de voir que dans le public se trouve Nadia de la série animée Nadia, le secret de l'eau bleue.
League Bowling a l'originalité
de n'utiliser qu'un seul et unique bouton. Tout le reste se fait avec
les directions
Avec ses 26 Mbits, League Bowling figure parmi les plus petits jeux de la Neo·Geo. SNK a-t-il sacrifié la réalisation pour en arriver là ?...
Aspect graphique Avec une seule piste en magasin, League Bowling risque d'emblée la répétitivité graphique. Le fait que les différents joueurs ne soient que des clones dont la couleur des cheveux diffère n'arrange rien à la situation. Heureusement, SNK a prévu une fenêtre en haut de l'écran, affichant diverses situations rompant un peu la monotonie visuelle de l'ensemble. On regrettera par ailleurs le fait que l'écran de jeu soit limité à une moitié, même si on joue seul. Quant à la qualité, elle est au rendez-vous avec des couleurs bien choisies et un style très nippon. Animation À la boule se voit appliqué un zoom inversé donnant une bonne impression d'éloignement. Il en est de même pour la piste, cette fois en zoom classique pour que la vue se rapproche des quilles au moment de l'impact. Ajoutons à cela des mimiques hilarantes des héros et de très nombreux tableaux animés. Fidèle à sa réputation, SNK a effectué là un travail très convaincant. Bruitages et musiques Outre ses musiques intermédiaires, League Bowling ne dispose que de trois thèmes principaux, soit un par mode de jeu (la musique du mode Strike 90 est ici). Cela étant, ils se révèlent en fait très courts, mais comme ces mélodies sont rapidement interrompues à chaque résultat, cela passe plutôt bien. Leur échantillonage est correct, le tout accompagné de bruitages exagérés, et donc en parfaite adéquation avec l'ambiance résolument arcade du jeu. Malgré sa répétitivité, la bande son de League Bowling reste donc tout à fait convenable. Jouabilité Les règles du bowling sont respectées et les différents réglages (positionnement, effet, puissance, poids de la boule) sont intuitifs et bien pensés. On pourra à la rigueur trouver que le temps imparti est un peu court mais on a affaire à un jeu d'arcade ! Pas de place pour l'hésitation ni pour les fins réglages fastidieux. Durée de vie Seul, on tourne rapidement en rond, le seul attrait venant de vouloir faire un meilleur score et de voir toujours plus de scènes animées. C'est à plusieurs (jusqu'à quatre joueurs, voire huit !) que League Bowling prend toute sa dimension. Les parties deviennent logiquement plus longues et, surtout, s'enchaînent longtemps, pour peu que les participants se prennent au jeu. Au final : League Bowling n'est clairement pas un jeu conçu pour être joué seul : la fenêtre d'affichage reste réduite et la durée de vie est plus que limite. À plusieurs, il offre un tout autre visage en se montrant un modèle de convivialité. C'est un bon jeu de bowling, à acheter surtout si on compte jouer avec des amis. Si au premier lancer (jeu en solo) League Bowling flirte avec la rigole, au deuxième (jeu à plusieurs), il fait un joli spare. Note :
Absolument tout est identique sur Neo·Geo CD : les musiques, les scènes humoristiques de victoire ou de déconfiture, la jolie blonde en robe rouge (prénommée Jessica), etc. Et ce ne sont pas les 26 Mbits du jeu qui vont alourdir en quoi que ce soit les chargements, ou plutôt, le chargement. Seule petite différence, les parties sont limitées à quatre joueurs "seulement", absence de câble oblige.
Au final : Collant au plus près à la version cartouche, League Bowling constitue le seul et unique titre du genre sur ce support. Les amateurs savent ce qu'il leur reste à faire. Note :
Et aujourd'hui ? Il faudra attendre 16 ans
de plus pour voir arriver le premier jeu vidéo de bowling vraiment
populaire avec Wii Sports, sorti fin 2006. Et pourtant, ce dernier
n'a pas grand chose de plus. Quatre joueurs ? Un mode multi-joueurs
prenant et une durée de vie très faible en solo ? League
Bowling avait déjà les mêmes qualités et
défauts en 1990. SNK a incontestablement développé
un bon jeu du genre, mais n'a pas su -ou voulu- lui donner des suites
qui auraient pu avoir
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