King of the Monsters 2: The Next Thing
 
 


beat them up
©1992, SNK
74 Mbits
Neo·Geo AES


Neo·Geo MVS
Neo·Geo CD
Super Famicom / Super NES
Genesis
Wii (Virtual Console)

 
     

Tremblez, pauvre humains ! Face à eux, vous n'êtes que d'insignifiantes fourmis, ils ont à peine conscience de votre négligeable existence. Les monstres sont de retour !
Sorti en 1991, le premier épisode s'était montré convaincant pour son époque, sans toutefois s'affirmer en tant que hit incontournable. SNK remet donc le couvert avec sa désormais série de jeux de monstres le 25 mai 1992 pour les salles de jeux et le 19 juin suivant pour les particuliers. Les titres du genre sont toujours aussi rares et, hormis le très discutable Ultraman de Bandai, pas grand chose à se mettre sous la dent. Heureusement, SNK et son King of the Monsters 2 sont là pour étancher cette soif de destruction à grande échelle qui nous habite.

Ultraman
(1991, Banpresto/Bandai)

Trois années se sont écoulées depuis le premier King of the Monsters. Seuls trois monstres ont survécu : Geon, Astro Guy et Woo. Plus rien sur Terre ne peut désormais arrêter ces géants. C'est alors qu'une invasion alien débute. Les seuls à pouvoir sauver la planète sont les monstres terriens. Pour survivre, pour défendre leur territoire et pour devenir les vrais... Rois des Monstres !

Le scénario ainsi que nos trois experts en démolition sont d'ailleurs brièvement présentés par la petite intro, cette dernière n'étant pas particulièrement spectaculaire.


SNK a corrigé un des grands oublis du premier opus, le réglage de la difficulté. Le reste est similaire à King of the Monsters avec les modes proposés (jeu seul ou à deux contre la machine et jeu en duel) et le choix des personnages, réduit de 6 à 3.

L'histoire précise, il est vrai, que seuls trois monstres sont restés en vie. Les développeurs auraient tout de même pu inclure les trois absents (Poison Ghost, Rocky et Beetle Mania) plutôt que d'ajuster le scénario à ce manque. Il nous reste donc trois monstres, lesquels ont évolué en puissance et en taille. Super Geon est le plus puissant mais reste lent, Atomic Guy est rapide mais pas très fort et Cyber Woo se montre le plus équilibré.




Super Geon
Atomic Guy
Cyber Woo

La séquence How to Play est insérée dans les écrans de choix de mode et de personnage, comme dans King of the Monsters. Toujours 3 boutons au programme, mais leur utilisation a un peu changé.
: poing
: pied
: saut
Curieusement, il est désormais impossible de courir, même en appuyant deux fois sur ou .

On se souvient du statut hybride du premier King of the Monsters. Même s'il s'agissait d'un jeu de monstres avec ses destructions jouissives à souhait, c'était également un jeu de catch proposant d'assez nombreuses prises. King of the Monsters 2 n'emprunte pas les mêmes sentiers et se rapproche davantage d'un beat them up, avec ses ennemis alien à dégommer avant d'arriver à un bon gros boss, bien coriace. Donc à part deux prises au corps à corps (une avec et l'autre avec ), plus grand chose ne reste de l'esprit du premier épisode.

(corps à corps)
(maintenu)
puis

En contrepartie, la possibilité de ramasser des items, héritée des beat them up, est bien présente. À noter que la capacité de la barre de santé augmente avec la puissance. Au niveau de base, on a 6 points, au niveau 2, ce seront 7 points et au niveau maximal, 8 points constitueront l'énergie vitale du monstre.

Life-S :
Redonne 1 point de vie.
Life-M :
Redonne 3 points de vie.
Life-L :
Remplit complètement la barre de vie.
Score item 100
Score item 500
Score item 1000
Power up :
Augmente la puissance d'un niveau.
Roulette :
Item aléatoire.
1 up :
G-Mantle donne une vie supplémentaire.

Si ces 9 items sont des bonus (quoique, ce n'est pas évident pour l'item "Roulette"), il y a également des malus, heureusement moins nombreux.

Power down :
Fait revenir au niveau de puissance de base.
Bomb :
Explose et fait perdre de la santé si on la touche.

Il est toujours possible de se saisir des véhicules, mais également des immeubles, s'ils sont assez grands. On peut ensuite classiquement les envoyer. La plupart du temps, ils libèrent un item.

Le jeu seul ou à deux contre la machine se déroule comme un classique beat them up. On parcourt divers lieux avec un scrolling généralement horizontal tout en réduisant en poussière des ennemis mineurs avant d'arriver à un boss déchaîné.
Si on joue pour un duel, cela se rapprochera davantage d'un jeu de combat.
Cette fois, le jeu ne se cantonne pas au Japon, c'est le monde entier qui est parcouru. Voici les trois premiers endroits où se déverseront sans retenue force et brutalité.

American City
French City
Grand Canyon

Petite nouveauté, des Bonus Stages font leur apparition. Le premier consiste en un mitraillage du bouton et le second vise à anéantir le plus d'ennemis possible.

King of the Monsters avait une réalisation honnête, quoique parfois un peu terne. Ce second épisode rectifie-t-il le tir ?...



Franchement coloré, King of the Monsters 2 dispose de graphismes plus flatteurs que son prédécesseur. Les monstres sont grands et détaillés, à défaut d'avoir une allure moins ringarde. Les ennemis sont assez variés et ont un look tout droit sorti d'un film d'horreur des années 50. Quant aux décors, on reconnaît sans problème l'Empire State Building ou la Tour Eiffel. Les progrès accomplis entre les deux épisodes sont indéniables.


King of the Monsters, c'est avant tout de la destruction, du saccage. Et ce, autant en ce qui concerne les bâtiments que les véhicules. Ici, le contrat n'est que partiellement rempli. Certes, on peut se saisir d'immeubles et les envoyer sur qui on veut. Mais la nouveauté s'arrête là. On dirait que les civils ont disparu de la planète. Il ne reste que quelques militaires stupides (nous y reviendrons) sans grand intérêt. Combat de monstres, oui. Combat de monstres sur Terre, pas tant que ça, en fait.
Les mouvements sont par ailleurs mieux faits que dans le premier opus et les ralentissements sont fort rares.


King of the Monsters 2 se montre bien plus conventionnel à ce chapitre. Oh, ça claque, ça pète, ça hurle. On est sur Neo·Geo et cela s'entend. Il manque tout de même, par exemple, la dimension de catastrophe humaine totale que donnaient les militaires évacuant les foules à coup de mégaphone.
Les musiques sont désormais associées à chaque niveau (celle du stage Grand Canyon est ici) et, sans autant surprendre que celles du premier épisode, assurent fort correctement leur rôle.


Quittant les terres du catch pour explorer celles du beat them up, King of the Monsters 2 s'aquitte moyennement de sa tâche. Les coups ne sont pas très nombreux et l'ensemble reste bien raide. Il y a bien des "armes" à ramasser ainsi qu'un nombre correct d'items. Mais pas de quoi inquiéter un Final Fight ou un Captain Commando. Cela, sans compter les priorités carrément mystiques contre les boss, rendant le jeu très énervant. La Neo·Geo n'est pas la reine du beat them up et ce n'est pas King of the Monsters 2 qui va infirmer la règle.


Malgré l'arrivée d'un réglage du niveau de difficulté, King of the Monsters 2 se montre atrocement ardu (le boss de fin, carrément énorme, est une vraie horreur dans tous les sens du terme). Nos trois monstres terriens sont en définitive assez faibles et gringalets face à ces géants de l'espace. Chose qui n'arrange rien, les militaires sont particulièrement idiots. Ils ne visent que les trois héros, aidant ainsi l'invasion alien. Le dernier niveau est un classique récapitulatif des différents boss. Finir le jeu demandera donc beaucoup, beaucoup de pratique et de patience (ainsi que des sauvegardes régulières).
À deux en duel, même si c'est équilibré, on perd le charme de l'aspect catch du premier épisode. Là, cela se résume à une bête confrontation avec les moyens du bord. Les beat them up disposant d'un mode duel ne sont que très rarement convaincants là-dessus. Alors imaginez s'il s'agit d'un titre à la jouabilité pas très étendue... Cela, sans compter qu'il n'y a plus que trois personnages au lieu de six.




Nous retrouvons ici une vision extrêmement fidèle du King of the Monsters 2 original. Tout y est identique, même les musiques. Il n'y a guère que l'écran-titre et les crédits infinis qui changent un tout petit peu la donne, le jeu devenant un peu moins ardu à terminer.

Quant aux temps de chargements, avec 74 Mbits, il n'y a aucun souci à signaler.

Cette version Neo·Geo CD se montre quasi identique à son homologue cartouche, à ceci près qu'ici, le jeu sera un peu moins difficile grâce aux crédits infinis.


 
Bilan
 
 

King of The Monsters 2 surpasse son aîné sur le plan technique et au fond, c'est la moindre des choses. Plus coloré, plus attrayant, il pourra davantage séduire. Hélas, les graphismes ne font pas tout et en devenant un beat them up, le jeu a perdu une bonne partie de son originalité. L'aspect "destruction massive" est également moins poussé, ce qui est dommage pour un jeu de monstres. Ajoutons à cela une difficulté bien trop élevée contre le CPU. Enfin le jeu à deux perd de son intérêt (très difficile contre la machine et limité en duel), par rapport au premier opus.
SNK a fait le pari un peu risqué de choisir une nouvelle voie pour cette suite et au final, même si cette dernière est techniquement un cran au-dessus du premier épisode, elle n'est pas nécessairement plus convaincante sur le long terme.


King of the Monsters 2 est le seul opus sorti sur Neo·Geo CD. Là au moins, pas d'hésitation possible si on veut un épisode de cette série. En cartouche, il sera plus attrayant avec ses couleurs chatoyantes et son visuel détaillé. Il ne faudra pourtant pas se laisser leurrer. À deux, le premier épisode, axé sur le catch et disposant de trois personnages supplémentaires, fera l'affaire pour qui ne s'arrête pas à une réalisation de 1991.
Pour en revenir à King of the Monsters 2, attention, il reste assez raide à prendre en main et fait preuve d'une difficulté franchement trop relevée qui fera perdre patience à plus d'un.

Tarma

 
     

   




 

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