Technôs est un éditeur
qui s'est essentiellement fait connaître dans les années
80 avec son beat them all de légende, Double Dragon. Ce pilier
du genre a eu droit à plusieurs suites plus ou moins réussies
avant d'être mis à la retraite. Une retraite provisoire
puisque la licence revient le 3 mars 1995 sur Neo·Geo MVS et
les 31 mars et 2 juin suivants aux formats AES et CD. Le but de Technôs
est-il de raviver la flamme du beat them all, genre souvent controversé
sur Neo·Geo ? Est-ce l'occasion de fournir LE titre du genre
qui va mettre tout le monde d'accord ? Tout le monde d'accord, c'est
envisageable. Offrir un beat them all grand luxe, en aucun cas.
Le scénario reprend
l'éternelle histoire des deux frères Lee, Billy et Jimmy.
Ils sont revenus dans la ville où ils ont grandi et trouvent
une lettre de leur maître. Ils apprennent que la ville est contrôlée
par une organisation criminelle. Ils partent donc à la recherche
de leur maître et vont casser du vilain au passage.
L'intro du jeu ne laisse d'ailleurs aucun doute sur cette filiation. C'est l'occasion de voir les acteurs du film en vidéo de qualité médiocre (les 4096 couleurs de la Neo·Geo ne sont pas faites pour cela, en plus), suivis d'un classique défilé d'images fixes entrecoupées d'extraits de combats. Le tout, accompagné d'une réinterprétation assez libre de la musique de l'écran-titre du Double Dragon original de 1987.
Les options sont très
convenablement fournies pour un jeu Neo·Geo avec le réglage
de la difficulté, du nombre de manches gagnantes, de la limite
de temps, du choix de l'adversaire, automatique ou manuel, de la jauge
Charge (nous y reviendrons) et du handicap.
Chaque participant a ses propres motivations, l'essentiel tournant autour de vengeance et de désir de défendre Shuko, selon les personnages.
Les commandes de base sont
les suivantes, elles sont assez atypiques, les poings et les pieds
n'étant pas spcifiquement alloués à tel ou tel
bouton.
Le dash ainsi que le backdash sont prévus au programme, de même que le double saut et la garde aérienne.
Chaque combattant dispose de généralement trois coups spéciaux de base, à base des combinaisons classique archi-connues.
Même si elle n'est
pas forcément très visible, il y a une Charge Gauge.
On la trouve dans la barre de santé. Quand on frappe, elle
se remplit de bleu. Quand le bleu touche le rouge, le personnage entre
en Charge Mode. Il peut alors effectuer une Charge Move.
Et s'il n'y a pas de rouge dans la barre de santé ? Eh bien,
là il faudra la remplir intégralement de bleu, ce qui
sera naturellement plus long.
Ces Charge Moves sont donc l'équivalent des Desperation Moves et autres Super Moves qu'on peut rencontrer dans d'autres jeux. Les dégâts occasionnés sont logiquement supérieurs à ceux infligés par des coups spéciaux classiques.
Du côté de la technique pure, on remarquera l'utilisation d'un zoom, cette fois extrêmement puissant.
Dans Double Dragon, chaque personnage dispose de son propre stage, ce qui fait donc un total de 12 décors.
Faute de beat them all, il faut se contenter d'un Nème versus fighting, genre qui encombre déjà terriblement la ludothèque de la Neo·Geo. Double Dragon a pour lui le prestige de son nom et un système de commandes assez original. Sa réalisation est-elle pour autant à la hauteur des rivaux visés ?...
Aspect graphique Les stages, au nombre de
12, sont de qualité très variable. Par exemple, les
cascades chez Eddie sont assez réussies alors que les parois
rocheuses du décor d'Amon piquent les yeux. Cela reste dans
l'ensemble assez flatteur avec un emploi massif de couleurs vives,
pas toujours très bien accordées. Quelques références
au film agrémentent certains stages, sans s'imposer. On reste
toutefois bien en deçà d'un Darkstalkers' Revenge ou
d'un Fatal Fury 3, absolument intouchables. Animation Sans égaler un X-Men
ou un Darstakers' Revenge (décidément), l'animation
de Double Dragon se montre convenable. Cela reste tout de même
un peu trop raide, le tout étant réhaussé par
les effets visuels de certains coups. Bruitages et musiques Les musiques ne resteront
pas dans les mémoires, leur qualité étant tout
juste moyenne et leur inspiration plus qu'anecdotique. Les observateurs
reconnaîtront le thème de Cheng-Fu, il en est question
dans le dossier "La
Neo·Geo fait son cinéma". Jouabilité L'étrange répartition des commandes de base demande un petit temps d'adaptation. Une fois ce dernier passé, on pourra trouver que Double Dragon reste, à l'image de son animation, un peu trop raide, certains coups ayant parfois du mal à sortir. Durée de vie Le panel de 10 combattants,
assez limite, peut heureusement être porté à 12.
Cela permettra de varier un peu plus les duels, ces derniers tournant
généralement assez court, le plaisir de jeu étant
un peu gâché par la raideur d'ensemble. Au final : Si Technôs espérait
rivaliser avec Capcom ou SNK dans la cour des grands du versus fighting,
c'est raté. Si on le compare à des jeux de second choix,
il a également du mal à se distinguer. Par exemple,
Karnov's Revenge est plus fourni et plus précis dans ses commandes.
Il reste à Double Dragon son visuel plutôt attrayant,
épaulé efficacement par ses zooms à l'amplitude
impressionnante, l'aura de sa licence, légende parmi les légendes
du beat them all, et l'ambiance nanardesque du film, pour peu qu'on
le prenne au second degré.
Première chose, un chargement entrecoupe l'intro de ce Double Dragon à prix réduit. De plus, les extraits de combats servant de présentation des différents personnages font place à un unique affrontement entre Billy et Jimmy, sans doute par souci de mémoire. Tant qu'on est aux chargements, ils sont par ailleurs très contenus et pas trop fréquents. Du côté des ajouts, on a des options un chouïa plus complètes avec la possibilité de jouer sans musiques et celle de régler la configuration de la manette.
Les musiques ont droit à d'assez notables réorchestrations. Si le manque d'inspiration demeure, la qualité sonore satisfera les amateurs d'instruments réels. Comme toujours, cela laissera de marbre les amateurs du son chaud et rétro du processeur sonore de la Neo·Geo à cartouches. Pour se faire une idée, voici le thème de la transformation de Billy et de Jimmy, qu'on retrouve justement dans l'intro.
Au final : Guère plus complet que son homologue AES, Double Dragon version CD est globalement d'une qualité équivalente. Il y a mieux sur ce support, mais ce n'est pas un mauvais jeu non plus. C'est moyen, et donc totalement anodin face à un Samurai Shodown II ou un Fatal Fury 3.
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