Crossed Swords II
 
 


action (à la troisième personne)
©1995, ADK
70 Mbits
Neo·Geo CD


rien d'autre

 
     

La Neo·Geo s'est timidement essayée en 1990 puis en 1991 au jeu d'action en vue subjective avec The Super Spy et Crossed Swords. Il y avait également d'autres jeux comme Midi Maze (1987) ou Catacomb 3D (1991) utilisant la 3D polygonale, chose exclue sur le système de SNK. La 3D a définitivement pris le dessus sur la 2D dans ce domaine avec en 1992 l'arrivée de Wolfenstein 3D, considéré comme le premier jeu du genre à être populaire. Doom a enfoncé le clou un an plus tard avec un visuel commençant doucement à rivaliser avec la précision visuelle de la 2D. Adapté sur de nombreux systèmes, c'est devenu la référence.
Le temps passe, la Neo·Geo excelle dans le combat 2D, The Super Spy et Crossed Swords étant devenus de lointains souvenirs. Lointains, pas pour tout le monde. Contre toute attente, ADK revient à la charge le 2 mai 1995 avec Crossed Swords II, mais uniquement sur Neo·Geo CD.

 
Wolfenstein 3D
(1992, ID Software)
 
Doom
(1993, ID Software)

Ce n'est pas par son intro que Crossed Swords II va briller. Elle se révèle moins réussie que celle du premier opus et se montre a fortiori bien loin des standards des jeux de 1995, arcade, CD, ou 2D. Quelques images fixes (probablement des dessins mal digitalisés) défilent pour aboutir sur un écran-titre, c'est tout.


En ce qui concerne les modes proposés, nous avons affaire à du très conventionnel pour un jeu Neo·Geo CD. Pas d'Art Gallery ou de mini dessin animé, on se demande bien pourquoi ce titre est exclusif à ce support. Sans doute que l'éditeur a préféré annuler la sortie sur MVS et AES, le jeu y étant vraisemblablement prévu à la base.

Vous croyiez que Nausizz était vaincu à la fin du premier Crossed Swords ? Erreur ! Le démon est de retour et menace à nouveau... le royaume de Belkana. Le scénario est donc strictement le même que celui du premier épisode. Côté originalité, on a vu largement mieux.

L'explication des commandes révèle quelques menus changements par rapport à Crossed Swords :
: frapper.
: sauter, ou esquiver de côté ( + ou + ).
: magie
: se déplacer à gauche
: se déplacer à droite
: garde haute
: garde basse
Les combinaisons sont par ailleurs toujours de mise. Pour plus d'informations, tout est dans ce petit guide. On retrouve le même système de points d'expérience que dans le précédent : plus on défait d'ennemis (ou plus on achète de points d'expérience), plus on a des attaques efficaces et une barre de santé importante.
Les niveaux de difficulté sont au nombre de trois. Contrairement au premier épisode, ici point de niveau MVS, niveaux absents de Crossed Swords sur Neo·Geo AES (pour ceux qui suivent encore).

On a désormais le choix entre trois personnages pour la bataille contre Nausizz. Un chevalier (puissant mais lent), une jeune donzelle (rapide et bonne magicienne, mais faible) et un ninja (équilibré, sauf en magie). Si le chevalier et la guerrière semblent tout à fait indiqués pour ce jeu, on se demande bien ce que le ninja fait là. Il faut se rappeler que l'éditeur a aussi fait Ninja Combat et Ninja Commando, sans compter World Heroes et ses ninjas...
Deux modes de jeu sont ensuite proposés :
- Nausizz Counter-attack : jeu similaire dans son principe au premier Crossed Swords.
- Karividu Arena : entraînement contre les boss du jeu.

Essayons d'abord le mode Nausizz Counter-Attack, c'est le gros morceau de Crossed Swords II. Les niveaux sont assez courts mais fort nombreux, ceci compensant cela (et apportant un peu de variété au passage). La quête est entièrement guidée, seuls quelques dialogues avec certains personnages donnent un petit côté RPG au jeu.

Act 1 - Messenger of Darkness
Act 2 - War returns to Belkana
Act 3 - Dirios Arena

Contrairement à Crossed Swords, les boss sont placés irrégulièrement et non à chaque niveau. On notera certains délires amusants comme l'Hyper Rat du premier épisode doté d'une armure robotisée : aussi ridicule que drôle ! Le boss de fin, avec ses transformations, vous donnera beaucoup de fil à retordre.

À propos de petit côté RPG, celui-ci est renforcé par l'intervention d'une marchande bien plus... sympathique que le vieux bonhomme du premier épisode. Elle proposera armes, santé, magie et expérience. Un conseil : préférez l'achat d'expérience à celui de santé, vous aurez à la fois plus de puissance et une barre de vie plus grande et mieux remplie !

Passons à présent au mode Karividu Arena. Le personnage de la séquence How to Play vous attend pour une séance d'entraînement. On choisit le boss à affronter et on se retrouve dans une arène. C'est une très bonne idée et cela permet de s'entraîner quand on souhaite finir le jeu sans perdre de crédit (chose peu évidente, certes).

Crossed Swords II est donc dans la parfaite lignée de son prédécesseur, tout en apportant son lot d'améliorations fort bienvenues. Les programmeurs de chez ADK ont-ils fait de même en ce qui concerne la réalisation ?...



C'est toujours aussi coloré, mais encore plus varié, aussi bien au niveau des décors que des ennemis. Ce titre est assez joli dans l'ensemble, même si certains stages sont moins réussis que d'autres. Petite innovation influant sur la jouabilité, les ennemis éloignés sont en grisé, ce qui permet de ne plus les confondre avec les assaillants directs.


Un peu plus élaborée, on cerne mieux si les adversaires déclenchent une attaque haute ou une attaque basse... ce qui permet d'ajuster plus correctement la garde, et là encore améliore indirectement la jouabilité. Les zooms appliqués à certains décors pour donner un effet 3D sont plus fluides qu'avant, encore un bon point.


La bande-son est similaire à celle de Crossed Swords... et donc de Magician Lord, dans une moindre mesure. Les thèmes musicaux sont toutefois plus inspirés que dans le premier opus, on peut en écouter un ici.
Concernant les bruitages, c'est efficace et percutant.


Bien plus complète avec le saut, les esquives, les coups cachés, les parades plus aisées, les ennemis dangereux plus faciles à discerner, elle pousse bien plus loin les bases posées par Crossed Swords... sans toutefois égaler le confort offert par la liberté de mouvement d'un jeu en 3D, évidemment.


Assez long, moins répétitif, proposant trois personnages, deux modes de jeux, Crossed Swords II possède une durée de vie très correcte. Les crédits infinis doivent appeler à la mesure... De toutes façons, finir sans perdre de crédit est toujours bien plus gratifiant, le mode Karividu Arena étant conçu pour cela (entre autres). Jouer à deux reste prévu au programme, autant ne pas s'en priver si l'occasion se présente.



 
Bilan
 
 

Plus joli, plus long, plus varié, plus réussi, Crossed Swords II surpasse sans aucun souci son vénérable aîné. C'est un bon jeu, le meilleur de son genre sur Neo·Geo... parmi trois, il est vrai. Il n'a pas un statut plus élevé à cause de la 2D empêchant une liberté de mouvement digne de Wolfenstein 3D ou Doom. Un peu anachronique à l'heure où le genre devient résolument en 3D, Crossed Swords II reste un jeu complet qui se montre bien plus abouti que son prédécesseur.


Mis à part son intérêt historique (voir ce que la Neo·Geo peut faire de mieux en tentative de FPS en 2D), les amateurs du genre retourneront à toute vitesse à leur console de dernière génération... et on ne les en blâmera pas.
Pour qui apprécie le retrogaming, les jolis jeux en 2D, l'ambiance médiévalo-fantastique, on peut y aller si on le trouve pour pas trop cher. En effet, il n'est pas très courant.

Tarma

 
     

   




 

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