Burning Fight
 
 


beat them up
©1991, SNK
54 Mbits
Neo·Geo AES


Neo·Geo MVS
Neo·Geo CD
PlayStation 2 / PSP / Wii (SNK Arcade Classics Volume 1)
Wii (Virtual Console)

 
     

Capcom a rencontré un très franc succès avec son Final Fight, beat them up très bien conçu avec ses grands personnages, sa jouabilité complète et son ambiance urbaine de premier ordre. Cela aiguise naturellement les appétits et si certains comme Alpha avec Ninja Combat ou Sega avec Golden Axe ont choisi une voie parallèle, SNK ne s'embarrasse pas d'autant de précautions et nous propose sa vision de Final Fight. Voici donc Burning Fight, la castagne de rue sauce Neo·Geo.

Pendant des années, la famille Casterora a régné sans partage sur les rues de la ville de New-York. Deux policiers, Duke Edwards et Billy King, ont été chargés d'enquêter et de combattre ce clan mafieux. Les Casterora ont alors joint leurs forces à une autre famille du crime, basée à Ôsaka au Japon : les Heiwa-Gumi. Leur pouvoir est désormais total et seul un policier ose s'opposer à eux au Japon, c'est Ryû Saeba. Duke et Billy décident de se joindre à lui pour combattre ces deux familles et se rendent donc à Ôsaka...

Don Casterora

Le jeu propose trois personnages, comme vous l'avez sans doute compris. Ryû est le policier japonais, agile mais peu puissant. Duke est parfaitement équilibré, ni trop lent, ni trop faible. Billy fait enfin office de grosse brute, il est lent mais dispose d'une bonne puissance de frappe.

Pas vraiment d'options au programme, il s'agit juste de choisir le combattant, c'est tout. La séquence How to Play, présente sur Neo·Geo MVS, disparaît sur AES et sur CD.

Le système de Burning Fight est basé sur l'utilisation de trois boutons.
: coup de poing / ramasser une arme ou un bonus / utiliser une arme / projeter l'adversaire
: saut
: coup de pied

Eh oui, c'est l'un des très rares beat them up qui permet d'effectuer un coup de pied tout en restant debout. Les armes sont nombreuses et variées : bâton, Magnum 44, couteau, bouteille... En appuyant sur et simultanément, on déclenche un pouvoir spécial dévastateur qui dégomme sans difficulté les adversaires qui ont le malheur de se trouver à proximité de votre personnage.

Comme le petit scénario présenté précédemment le laisse supposer, Burning Fight prend place à Ôsaka. Avant d'arriver au yacht de Don Casterora, il y aura quatre quartiers à parcourir, voici les trois premiers en images.

Main Street
Shopping Center
Down Town

À l'instar de son modèle Final Fight ainsi que de nombreux autres titres du même genre, on aura droit à des semi-boss puis à des boss de fin de niveau. Ces derniers sont assez peu impressionnants, ce qui ne les empêche nullement d'être coriaces.

Au détour d'une rue, on pourra voir des portes marquées "in". Si on y entre, on accède à une sorte de Bonus Stage dans lequel il s'agit de casser du mobilier dans un temps imparti. On y gagne divers bonus donnant points ou santé. Des policiers entrant dans des boutiques pour tout casser, on aura tout vu. En fait il s'agit, d'après la notice, de boutiques tenues en sous main par le clan Casterora. Par exemple la vente d'alcool leur permet de financer leur activités, alors pas de pitié quand il s'agit de détruire leur source de revenus !

Quelques détails amusants ont été intégrés au jeu, comme par exemple ces personnages très peureux et inoffensifs (le client d'un sex-shop et un clochard) ou la présence en "guest star" d'un clone de Hulk Hogan.

À propos de ces personnages peureux (attention à ne pas les frapper par erreur), ces derniers ont un comportement assez... curieux. Regardez l'image ci-dessous, vous verrez ce dont il est question.

Comme on peut le constater, Burning Fight se place très clairement comme un rival direct du titre de Capcom : trois personnages (un rapide, un équilibré, un costaud), des niveaux en ville (avec même un monte-charge), des armes à utiliser, etc. Sa réalisation surpasse-t-elle celle de son modèle, ayant trois ans de plus ?...



Burning Fight est dans l'ensemble très moyen, en effet certains stages sont bien trop vides, c'est bien dommage. Le choix de couleurs laisse aussi parfois à désirer. Bref, on sent que ça aurait pu être bien mieux. Cependant, quelques passages sont réussis, comme un superbe coucher de soleil ou une grosse BMW garée sur un quai.
Quant aux personnages, ces derniers sont assez peu variés, travers classique du beat them up.


Le jeu est assez rapide... mais que c'est mal animé ! On croirait que les personnages se sont fait un tour de rein tellement qu'ils sont raides dans leur démarche. Tout cela manque singulièrement de souplesse. On notera quelques effets de zoom très sympa pour l'apparition de certains ennemis.


Le son est très bon niveau bruitages, avec par exemple le bruit des pas sur un escalier en métal très réussi. Pour les musiques, ça va, elles soutiennent bien l'action sans être exceptionnelles. On peut écouter celle du premier niveau ici.


La jouabilité, complète, possède toutefois quelques défauts. D'abord le temps pendant lequel on peut tenir une arme est beaucoup trop court. En effet au bout de quelques secondes le personnages la lache, sans raison apparente. Il y a également les prises au corps-à-corps, ou plutôt la prise au corps-à-corps. Il est dommage qu'il n'y en ait qu'une et que SNK n'ait pas copié Capcom sur ce point en allouant à Billy plus de variété dans ce domaine. Enfin les coups sautés sont bien trop brefs... et donc bien difficiles à placer. Tout cela fait que Burning Fight aurait pu être bien amélioré.


Trois personnages, cinq niveaux pas très longs... La durée de vie de ce jeu est trop faible. La difficulté assez élevée (surtout à partir du troisième niveau) et les parties à deux en coopération rallongent cependant sa durée de vie de façon conséquente.




Nous retrouvons logiquement la même chose que sur AES, étant donné que le jeu date des débuts du système Neo·Geo et qu'il pèse assez peu de Mbits. La principale nouveauté réside en la possibilité de choisir le niveau de difficulté.

La bande-son ne bénéficie d'aucune réorchestration et le jeu se charge en une seule fois. Attention, sur Neo·Geo CD les crédits sont infinis, ce qui peut diminuer la durée de vie si on joue sans chercher à s'appliquer. À moins de s'interdire d'utiliser trop de crédits, on sait que dès la première fois qu'on y joue, on le finit.

Burning Fight est à l'image de la plupart des jeux sortis avant 1992 et portés sur CD : identiques à la Neo·Geo AES, au chargement initial et aux crédits infinis près.


 
Bilan
 
 

Burning Fight est un clone de Final Fight sans en avoir la saveur. Il dispose de quelques bonnes idées mais se contente de suivre son modèle à distance, sans le surpasser. Graphismes trop simplistes, animation raide, boss anecdotiques, cinq niveaux contre six chez Capcom, etc. Les programmeurs de SNK se sont employés à copier le hit de Capcom et on dirait qu'ils se sont interdit de le surpasser, curieux... La Neo·Geo aurait pu mieux faire, SNK aurait dû mieux faire.


La Neo·Geo n'est décidément pas le support idéal pour le beat them up. Pour ce genre, il vaut mieux les systèmes arcade CPS, CPS-II ou PGM. Pour en revenir à la Neo·Geo, et malgré son manque d'ambition, Burning Fight saura satisfaire le joueur qui l'a connu à son époque car il est bien défoulant et les armes y sont nombreuses. Bien que ce ne soit pas un hit, on revient y de temps en temps si on lui pardonne ses défauts.

Tarma

 
     

   




 

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