Art of Fighting 2
 
 


fighting game
©1994, SNK
178 Mbits
Neo·Geo AES


Neo·Geo MVS
Neo·Geo CD
Super Famicom
PlayStation 2 (Art of Fighting Anthology)
Wii (Virtual Console)

 
     

Chaud devant, faites place ! Un poids lourd arrive et il va faire très, très mal. Il est énorme, il est impressionnant, il est bien décidé à mettre une raclée à ses rivaux : voici Art of Fighting 2. Sorti en 1992, le premier opus avait beaucoup étonné, surtout de par la taille absolument gigantesque de ses personnages. Sa suite reprend les mêmes ingrédients mais SNK a considérablement épicé la sauce avec une taille de cartouche passant de 102 à 178 Mbits.

Il s'agit d'un titre attendu car Art of Fighting ouvrait clairement la porte à une suite. D'ailleurs l'intro reprend très précisément où nous en étions restés, c'est-à-dire à la séquence de fin d'Art of Fighting. On y apprend que Mr Karate est en fait Takuma Sakazaki, le père de Ryô et de Yuri. Il était forcé de faire certaines besognes pour le compte du syndicat du crime de Southtown, dont le parrain reste à démasquer, Mr Big n'étant qu'un sous-fifre.


Désormais Yuri a retrouvé sa liberté et Takuma tient un dôjô à Southtown. La tranquillité est de courte durée, un tournoi d'arts martiaux étant ouvert en ville : il s'agit du "King of Fighters". Le sponsor de ce tournoi se tient caché mais il ne fait aucun doute qu'il est celui qui a commandité l'enlèvement de Yuri, deux ans auparavant. Ryô, Robert, mais aussi Yuri et Takuma s'inscrivent au King of Fighters pour débusquer celui qui se cache derrière tout cela. Ils devront faire face à huit autres participants avant d'espérer affronter le mystérieux organisateur...

Les options sont assez complètes : difficulté, langue, et même vitesse de jeu. Toujours deux modes de jeu sont au programme : Player vs. COM et P1 vs. P2. Le premier permet de jouer contre la console en participant au tournoi tandis que le second permet à deux adversaires humains de s'affronter.

Le tableau de sélection révèle 12 personnages, tous jouables quel que soit le mode de jeu choisi.

Des personnages d'Art of Fighting, un seul est absent, il s'agit de Ryuhaku Tôdô. Tous les autres sont là, ainsi que quelques petits nouveaux. Voici les lutteurs acharnés qui composent cette solide distribution...

Ryô Sakazaki
Après avoir secouru sa sœur, Ryô est parti au Japon pour se retirer dans les montagnes. Il s'y est entraîné jusqu'à ce qu'il entende parler du tournoi King of Fighters à Southtown, d'où son retour.
Robert Garcia
Le fils du multi-milliardaire Albert Moralista Del Gusto de Braha Garcia a délaissé la voie tracée par son père en abandonnant ses études à l'université Emperor. Il préfère se consacrer à la poursuite de son apprentissage du karaté Kyôkogenryû auprès de Takuma.
King
Elle a abandonné le monde de la rue pour devenir consultante politique. Ayant mis le doigt sur certains commerces illicites, elle s'inscrit au tournoi pour enquêter ainsi que pour remporter le prix dans un but bien précis...
John Crawley
Autrefois pilote de chasse chevronné, John a eu une blessure à l'œil et a été interdit de vol. Il s'est alors réfugié dans la violence et l'alcool, se mettant au service de Mr Big. Il a désormais retrouvé ses esprits et compte bien combattre Mr Big et le syndicat du crime.
Mickey Rogers
Afin d'échapper à la pauvreté, Mickey est devenu boxeur poids lourd professionnel. Un accident l'a renvoyé dans les bas-fonds où il s'est mis à la solde de la pègre de Southtown. Il veut désormais une seconde chance et participe au tournoi pour améliorer sa technique.
Jack Turner
Chef du gang dans Black Cats, Jack n'a qu'une envie, prendre le contrôle de Southtown. Il participe au King of Fighters pour vaincre Mr Big.
Lee Pai Long
Expert en médecine chinoise, Lee est également un féroce combattant qui cache son identité sous un masque de dieu-singe. Il espère utiliser le prix du tournoi pour financer des recherches médicales.
Temjin
Docker au port principal de Southtown, Temjin travaille pour $25 de l'heure, dans l'espoir de gagner assez d'argent pour construire une école en Mongolie, où il serait enseignant. Le King of Fighters est l'occasion de concrétiser son projet.
Eiji Kisaragi
Le clan Kisaragi est l'ennemi séculaire du clan Sakazaki. Eiji est à Southtown pour affronter trois de ses représentants.
Yuri Sakazaki
Sauvée par Ryô (son frère) et par Robert (son fiancé) deux ans auparavant, Yuri s'entraîne désormais au karaté Kyôkugenryû au dôjô de son père. Elle a menti à son frère en prétendant ne s'adonner qu'au fitness. Le tournoi est l'occasion pour Yuri de montrer à Ryô ce qu'elle vaut vraiment.
Takuma Sakazaki
Grand maître du karaté Kyôkogenryû, Takuma est doté d'une force hors du commun. Ses aptitudes ont vite intéressé le parrain de Southtown mais Takuma refusa, jusqu'à ce que Yuri soit enlevée. Il s'est inscrit au King of Fighters pour affronter son ennemi.
Mr Big
Celui qui avait kidnappé Yuri revient avec pour but principal de gagner le tournoi et prendre contrôle de la ville.

Chacun de ces douze combattants dispose de son propre stage (le treizième est caché). Ils prennent tous place à Southtown, une ville bien connue des habitués des jeux SNK.

National Park
Garcia House
Southtown Park
Port Town Docks
Airport
Crawley's Air Field
Boxing Gym
Mac's Bar
China Town
Karate Gym
Fitness Club
Parking Garage
Special Stage

Reprenant les bases posées par Art of Fighting, cette suite apporte cependant quelques touches de nouveautés.
: coup de poing
: coup de pied
: saisie
: provocation
La force des coups portés avec ou dépend de la durée d'appui sur le bouton, à l'instar de World Heroes. De plus, lorsqu'on est projeté, appuyer sur le bouton , ou permet de retomber en minimisant les dommages infligés... à condition de le faire au bon moment. Enfin les combinaisons et sont respectivement un uppercut et un coup de pied bas.

La jauge de concentration mentale est toujours présente mais prend le nom de Rage Gauge, ce qui ne change aucunement son fonctionnement. Elle permet d'exécuter les pouvoirs spéciaux plus ou moins puissants et donc plus ou moins gourmands en santé mentale. Prenons pour exemple notre ami Jack. Le premier coup est classique et consomme peu. Le deuxième est à apprendre lors du Bonus Stage, fait très mal, et consomme bien plus. Enfin le troisième est faisable quand les bordures de la barre de vie clignotent et que le combattant a une respiration moins aisée, il constitue l'attaque la plus puissante : c'est bien entendu très coûteux. Pour connaître les techniques des différents personnages, voici un guide stratégique.

Knuckles of Fury
+
Super Hip Attack
+
Jack the Dynamite
+

Les Bonus Stages sont donc de la partie à ceci près que ce qui a été acquis lors du premier épisode n'est plus à apprendre. Par exemple, si on a réussi la technique du Haoh Shoko Ken dans Art of Fighting, on commence une partie de ce deuxième chapitre avec cette technique : plus besoin de l'apprendre ! À l'instar de l'intro, ce détail montre le fait que les programmeurs ont lié au maximum ces deux épisodes pour n'en faire qu'une seule et grande aventure. Le programme reste quasiment inchangé : augmenter sa Rage Gauge (en abattant un arbre et non plus en dégommant des bouteilles de bière), augmenter sa barre de santé (en affrontant les Black Cats au lieu de casser des gros glaçons) et enfin apprendre la technique cachée.

Art of Fighting, c'était avant tout de gigantesques personnages. L'énormité est toujours de mise, c'est si détaillé qu'on peut dire que les spectateurs des différents stages sont bien souvent mieux faits que les sprites classiques des jeux concurrents. Les zooms sont également repris.

Ce qui change par rapport à Art of Fighting, c'est la violence des coups. Plus forts, plus puissants, plus rapides, nous sommes dans la démesure. Ce n'est pas de la violence sanguignolante à la Mortal Kombat, mais plutôt toute une gamme de coups ayant beaucoup d'impact et d'efficacité (merci les bruitages). L'adversaire décolle bien souvent du sol puis retombe lourdement. Que du bonheur que de laisser ressortir ses instincts les plus primaires.

Les plus attentifs noteront la présence de G-Mantle dans ce jeu (on l'a déjà vu à de nombreuses reprises dans d'autres jeux, dont notamment Fatal Fury). Cette fois, c'est King qui en porte le masque avant un combat.

C'est bien joli de taper fort, d'être violent, mais Art of Fighting 2 va-t-il pour autant mettre KO ses rivaux au chapitre de la réalisation ?...



C'est coloré, les traits sont nets, l'ensemble fait très propre. Les personnages sont tous redessinés et disposent de quatre coloris différents pour leurs vêtements. Certains leur préfèreront les sprites du premier Art of Fighting, aux contours plus doux et au look moins consensuel. Pour en revenir au deuxième épisode, voilà un travail vraiment très bon qui ne se repose donc pas du tout sur Art of Fighting. Ce souci du détail rend la ville de Southtown quasiment palpable, tant l'ambiance y est intense.


Les zooms sont là, les personnages sont énormes et la vitesse est réglable. L'animation est moins raide que celle de Art of Fighting mais ce n'est toujours pas un modèle du genre, loin de là. On remarquera des animations spéciales comme par exemple lorsque l'aversaire est mis KO par un coup spécial (il s'écroule de manière très théâtrale) ou encore lorsqu'on gagne par perfect.


Les bruitages sont absolument superbes et saisissants. Les impacts lors d'un Zanretsu Ken par exemple sont terribles. Quant aux musiques, elles se montrent très réussies avec des thèmes assez entraînants. Voici la musique de Ryô.


En plus des pouvoirs dévastateurs appris lors des Bonus Stages, nous avons donc les Desperation Moves (déjà présentes dans Art of Fighting, mais pas pour tous les personnages). Hormis celle de John, ces coups sont imparables. La maniabilité a énormément progressé et c'est bien plus confortable à jouer. Basée sur l'utilisation de la Rage Gauge, la jouabilité reste très différente des autres jeux et quelqu'un ne jurant que par Street Fighter risquera d'avoir bien du mal à s'y mettre.


Un total de 12 personnages sélectionnables dans les deux modes de jeu, c'est bien mieux que ne faisait Art of Fighting. Les parties en solitaire sont très difficiles et il faut des jours (voire des semaines) d'entraînement pour ne serait-ce que pénétrer dans ce jeu et s'approprier efficacement quelques techniques. On pourrait presque dire qu'Art of Fighting 2 est au jeu de combat ce que View Point est au shoot them up. Presque, car des techniques de fourbe permettent de venir à bout des ennemis les plus récalcitrants. Le jeu en Versus est bien moins crispant et propose, de base, la Super Technique of Blow.




Identique à la version AES... sauf pour les musiques ! Si en cartouche ça oscillait entre le moyen et le très bon, ici c'est la plupart du temps encore mieux, à quelques exceptions près. Avec des thèmes identiques, SNK a su donner vie aux musiques de ce jeu et l'ambiance déjà absolument grandiose est ici encore renforcée.

Les temps de chargement sont plus que convenables, il n'y a pas grand chose à redire de ce côté-là.

Très bon jeu avec une bande-son de bon niveau, Art of Fighting 2 est une valeur sûre de la Neo·Geo CD.


 
Et aujourd'hui ?
 
 

Art of Fighting 2 frappe encore plus fort que son aîné. Sa réalisation est à la hauteur de la Rolls des consoles et il est clair qu'une Mega Drive ou une Super Nintendo ne pourrait faire cela. Sa difficulté élevée et sa jouabilité pas très accessible font qu'un joueur peu persévérant oubliera rapidement cette cartouche sur une étagère. Les courageux accèderont à un univers bien particulier et pourront profiter de l'ambiance excellente de ce titre atypique.


Art of Fighting 2 n'est plus trop au goût du jour du fait que sa jouabilité, très particulière, s'éloigne grandement de la tendance générale de l'époque. De plus, sa difficulté risque fort de décourager un joueur le découvrant sur le tard. Il lui reste ses personnages énormes et son ambiance absolument parfaite. À réserver plutôt aux joueurs de la grande époque qui sauront l'apprécier à sa juste valeur.

Tarma

 
     

   




 

SITES FILS