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Quand on évoque Ryô Sakazaki et Robert Garcia aux adeptes du jeu de combat, soit ils sont inconnus au bataillon, soit -au mieux- il sont cités comme personnages de King of Fighters. Même si cela est vrai, ce sont avant tout les protagonistes d'une série ayant débuté en 1992 et comportant tout de même trois épisodes. Il s'agit d'Art of Fighting, saga ayant émerveillé beaucoup de joueurs dans la première moitié des années 90, tant elle faisant efficacement figure de vitrine technologique pour la Neo·Geo. Étalage d'effets contribuant à bâtir la légende de la Rolls des consoles, mais innovation également. Nous verrons que pas mal d'éléments ayant constitué les bases du versus fighting des années 90 trouvent leur origine dans Art of Fighting. Charisme de beaucoup de personnages, sombre histoire d'enlèvement, relation étroite avec Fatal Fury, ce dossier se propose de faire découvrir tout cela, ainsi que bien d'autres aspects. Art of Fighting, série injustement oubliée de l'histoire du jeu de combat, est à l'honneur dans ce dossier à découvrir tout de suite.
Plutôt brève avec ses trois épisodes, Art of Fighting est une série qui a fait baver de jalousie nombre de possesseurs de Super Nintendo ou de Mega Drive avec ses deux premiers épisodes. Le troisième, sorti en 1996, c'est-à-dire en plein essor du versus fighting en 3D, est davantage passé inaperçu. Les trois opus de cette saga ont en commun d'avoir chacun deux intros légèrement différentes.
Le
premier Art of Fighting arrive à une époque où
Capcom règne en maître dans le versus fighting avec
son jeu fétiche, Street Fighter II. SNK a bien tenté
un premier assaut avec son Fatal Fury, mais ce fut assez décevant.
Il y a également eu World Heroes, signé Alpha Denshi,
hélas peu au niveau de son modèle. Avec Art of Fighting,
on a le premier rival très sérieux de Street Fighter
II. D'ailleurs SNK a puisé son inspiration sans vergogne
chez son concurrent (pour tout savoir là-dessus, se reporter
au dossier "Capcom
et SNK, les frères ennemis").
Il
faut attendre deux ans pour voir arriver la suite des aventures
de nos rois du coup de tatane. Cette fois, Capcom n'est pas le maître
absolu du versus fighting comme en attestent les Mortal Kombat II,
Samurai Shodown, Fatal Fury Special et autres World Heroes 2. Art
of Fighting 2 ne sera donc pas destiné à rivaliser
à tout prix avec Street Fighter, ce qui va lui permettre
de s'affirmer et de se singulariser encore plus.
Le
contexte de la sortie d'Art of Fighting 3 est bien différent.
En 1996, les stars du versus fighting s'appellent Tekken 2, Virtua
Fighter 2 ou même Battle Arena Tôshinden. La 2D subit
une terrible ringardisation, malgré quelques jolies productions
signées Capcom, comme Marvel Super Heroes ou Street Fighter
Alpha 2. Cette fois, le but est de juguler au maximum l'hémorragie
des joueurs se tournant vers les polygones au détriment du
bitmap classique.
D'abord
vitrine technologique ultra élitiste en 1992, Art of Fighting
a grandement contribué à dévoiler les capacités
techniques de la Neo·Geo, faisant de cette dernière
la Rolls des consoles. Une victoire de prestige hélas non concrétisée
dans le domaine de l'arcade, Capcom et son Street Fighter II' y faisant
alors figure de référence absolue. |
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