Si certains pensent que NBA Street d'Electronic Arts constitue l'avènement vidéoludique du streetball, ils se trompent grandement. Dans les années 90 il y a eu un jeu qui a provoqué autant, sinon plus, d'engouement. En 1993 Midway développe un jeu de streetball inédit. Non seulement il s'agit d'arcade à l'état pur, mais en plus le jeu s'autorise le luxe de disposer des vrais joueurs de la NBA, d'habitude réservés à des titres plus sérieux et conventionnels. L'éditeur récidive en 1994 avec une version améliorée : NBA Jam Tournament Edition. Plus d'équipes, plus de coups, plus de délire, c'est un succès. Qui dit succès (même relatif), dit convoitise.
C'est Data East qui va s'y coller avec un jeu de streetball assez réussi. Première chose, il tourne sur le système-star d'arcade de la première moitié des années 90, la Neo·Geo. Ensuite l'éditeur va miser sur une ambiance et un rendu qui rappellent immanquablement un autre de ses titres, le très jouissif Windjammers.

Les images du jeu de Data East illustrant ce comparatif seront celles de la version Neo·Geo CD (strictement identique à la cartouche, à part les chansons, plus réussies), le tout avec un BIOS américain (Street Slam, donc). Ainsi on opposera deux jeux proposant des villes d'Outre-Atlantique.

 

Les graphismes

Avec Street Hoop, il ne faut pas s'attendre à être époustouflé. C'est joli, c'est propre, mais pas transcendant non plus. Les divers stages retranscrivent bien l'ambiance streetball mais sont en nombre trop limité : seulement 5 terrains sont au programme. Quant aux personnages, ils ne sont pas en reste : casquette ou bonnet, débardeur par dessus le tee-shirt, le trait est forcé.
NBA Jam Tournament Edition se montre bien plus conventionnel. À première vue, on croirait être en face d'une simulation. Les visages digitalisés des différents joueurs sont appliqués sur des corps qui servent de sprite de base. L'effet est un peu bizarre (avec Mortal Kombat, Midway nous a habitués aux graphismes étranges), les têtes semblent un peu grosses, toutefois l'ensemble est plutôt concluant. Concernant les terrains, c'est plus monotone que du côté de chez Data East, pourtant pas très bien loti à ce niveau. NBA Jam se distingue de par sa bien plus grande finesse graphique, le système Midway T Unit enterrant à ce niveau ses contemporains avec ses 400x254 pixels.
Malgré un certain manque de variété visuelle, NBA Jam Tournament Edition remporte cette manche.

Avantage : NBA Jam Tournament Edition

 
Sea, dunk and sun... Avec Street Hoop, ce sont les vacances.
(Street Hoop / Street Slam)
Voilà un terrain classique... mais plus que réussi !
(NBA Jam Tournament Edition)

 
Partie de streetball au jardin public entre Seattle et Dallas.
(Street Hoop / Street Slam)
Les terrains ne diffèrent que par quelques couleurs.
(NBA Jam Tournament Edition)

 

L'animation

Sans être exceptionnelle, l'animation de Street Hoop est solide, avec de nombreuses postures pour les joueurs. Ce n'est pas un modèle de décomposition mais cela reste plus que correct. Les décors sont faiblement animés, juste assez pour être vivants sans toutefois tomber dans des stéréotypes ridiculement répétés. Les super dunks sont très impressionnants avec des sauts stratosphériques, le tout agrémenté d'effets spéciaux.
De son côté, NBA Jam Tournament Edition propose des joueurs se déplaçant un peu bizarrement. On a parfois un peu l'impression qu'ils glissent sur le sol. Détail plus réussi, ils sont zoomés lorsqu'ils sont en bas de l'écran. Quant au public, il est très figé, sauf lorsque des points sont marqués. Les super dunks sont très bien faits, les joueurs sautent très, très loin, mais cela reste moins délirant que du côté de chez Data East. Le parquet des terrains bénéficie du classique scrolling ligne par ligne.
Plus régulier, correctement animé et avec ses super dunks de folie, Street Hoop prend ici le dessus sur son rival.

Avantage : Street Hoop

Les mouvements sont assez nombreux.
(Street Hoop / Street Slam)
Trop tard pour empêcher ce dunk, dommage !
(NBA Jam Tournament Edition)

 

Le son

Street Hoop dispose de chansons de type rap pour accompagner les matchs. Si en cartouche le rendu est assez bon, sur Neo·Geo CD cela devient excellent, pour peu qu'on aime. Les bruitages sont variés et dynamiques, surtout en ce qui concerne le commentateur, toujours prompt à souligner la moindre action spectaculaire (et il y en a).
NBA Jam Tournament Edition propose également des musiques pour accompagner les rencontres, mais elles sont de simples fonds très discrets. C'est sans doute pour mieux s'effacer devant les cris de la foule et le commentateur, très actif. Les bruitages sont réussis, sauf peut-être le crissement incessant des chaussures sur le parquet, qui peut irriter à la longue.
Grâce à ses chansons assurant l'ambiance et disposant de bruitages comparables, Street Hoop tient ici en échec NBA Jam Tournament Edition.

Avantage : Street Hoop

Les chansons correspondent bien à l'ambiance du jeu de Data East.
(Street Hoop / Street Slam)
Commentaires de folie du côté de chez Midway.
(NBA Jam Tournament Edition)

 

La maniabilité

Street Hoop est très simple d'accès avec ses deux boutons. On tire, on passe, on saute et on prend le ballon. Basique et pourtant très bien étudié, puisque permettant de nombreuses combinaisons. N'oublions pas la jauge Super Shot, laquelle permet de faire des super dunks mémorables ou des tirs à 3 points que la Grosse Bertha ne renierait pas. NBA Jam Tournament Edition utilise trois boutons. On a donc les mêmes mouvements de base auxquels s'ajoute l'accélération. Si on maintient ce bouton enfoncé, le joueur court plus vite et s'autorise des dunks toujours plus spectaculaires. Abuser de l'accélération videra la jauge Turbo, alors il faudra la gérer au mieux. Chaque joueur est affecté à une manette donnée. Ainsi en mode solo, si on passe le ballon au coéquipier, c'est la machine qui continue l'action. Il suffit d'appuyer sur le bouton de passe pour reprendre la main.
Aussi spectaculaires l'un que l'autre, NBA Jam Tournament Edition prend un petit avantage grâce à sa jouabilité plus précise et à la gestion de la jauge Turbo, apportant un petiti "plus" tactique.

Avantage : NBA Jam Tournament Edition

 
Ce joueur semble se prendre pour Sonic avec son super dunk.
(Street Hoop / Street Slam)
Plus l'accélération sera franche, plus le dunk sera ébourriffant.
(NBA Jam Tournament Edition)

 
Ce tir à 3 points est absolument imparable.
(Street Hoop / Street Slam)
Ce jouer a sauté extrêmement haut, le contrer sera très difficile.
(NBA Jam Tournament Edition)

 

La durée de vie

Street Hoop possède un panel de 10 équipes, quelle que soit la localisation du BIOS de la machine. Même si on a droit à des villes des États-Unis pour Street Slam, les statistiques restent les mêmes que celles des équipes nationales de Street Hoop et de Dunk Dream. Ce n'est qu'une question d'habillage.
Avec ses 27 équipes de base, avec beaucoup de joueurs cachés, avec la possibilité de jouer jusqu'à 4 et sans oublier le jeu en coopération, NBA Jam Tournament Edition ne laisse ici aucune chance à Street Hoop.

Avantage : NBA Jam Tournament Edition

Avec un BIOS américain, on joue avec des villes des États-Unis.
(Street Hoop / Street Slam)
Beaucoup d'équipes, que des vrais joueurs, licence NBA oblige.
(NBA Jam Tournament Edition)

 

Verdict : NBA Jam Tournament Edition

NBA Jam Tournament Edition est assurément un très bon jeu de son époque. Entre son ambiance réussie, ses dunks spectaculaires, sa jouabilité bien réglée et ses nombreuses équipes, c'est un incontournable pour qui aime le basket-ball arcade. Cerise sur le gâteau, sa licence NBA permet d'avoir les vraies stars du playground.
Le jeu de Data East se montre également au moins aussi exhubérant et peut compter sur son ambiance du tonnerre soutenue par une bande son des plus réussies. Il lui manque la licence officielle ainsi qu'un nombre de joueurs plus conséquent pour vraiment rivaliser à armes égales avec le titre de Midway.

Tarma

 
Le bilan
 
 

Les graphismes

L'animation

Le son

La maniabilité

La durée de vie

 
     

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