D'abord sorti en avril 1987 sur le même matériel qu'OutRun, Super Hang-On était une franche évolution du premier épisode. Plus rapide, plus long, il avait de quoi séduire. Sega a ensuite adapté son titre sur Mega Drive en 1989 (et sur Mega Tech, une Mega Drive pour l'arcade), non sans lui ajouter un mode Original du meilleur aloi.
SNK a également fait un jeu de motos, peu après la sortie de la Neo·Geo. D'abord sorti simultanément sur MVS et AES (dans une boîte en carton, donc) en 1990, le jeu a été recommercialisé sur AES en 1991 dans une boîte en plastique. Même s'il s'agit à la base d'un jeu d'arcade, le fait qu'il se joue uniquement avec une manette classique et son mode Story en font plutôt un jeu de console.

Sega, l'un des grands maîtres des jeux de course des années 80 et 90, face à un premier essai de SNK : la partie s'annonce difficile pour ce dernier.

 

Les graphismes

Sans surprise, Super Hang-On est la digne adaptation du jeu d'arcade de 1987. Les décors sont assez dépouillés, surtout pour les bas-côtés, et les motos sont bien faites. Basique mais efficace. De son côté, le jeu de SNK étonne. Il est de conception plus récente et son support est largement plus puissant que la Mega Drive. Il est donc surprenant d'avoir un jeu qui ressemble plus qu'étrangement à Super Hang-On. Même dépouillement en ce qui concerne le décor qui défile, motos similaires, la similitude est frappante. Seuls les décors de fond sont plus détaillés, ce qui est bien la moindre des choses.

Avantage : Riding Hero

Si les fonds sont plutôt jolis, le reste est très dépouillé.
(Riding Hero)
On retrouve des graphismes similaires à la version originale.
(Super Hang-On)

Quelques plans fixes agrémentent le mode Story du jeu de SNK.
(Riding Hero)
Première étape de la course pour débutants.
(Super Hang-On)

 

L'animation

Contrairement à son grand frère de l'arcade, Super Hang-On ne peut pas bénéficier d'éléments de décor zoomés. Les pancartes, arbres et autre réverbères sont donc dessinés dans plusieurs tailles différentes. Le défilement de la piste est bon, l'effet de vitesse étant renforcé par l'alternance de bandes claires et de bandes sombres.
Riding Hero profite ici du support plus puissant. L'animation est plus fluide, un peu plus rapide et les éléments qui défilent sont réellement zoomés, sans artifice.
Le jeu de SNK remporte une nouvelle fois de peu la partie.

Avantage : Riding Hero

C'est rapide et fluide, ce qui est bien naturel.
(Riding Hero)
La Mega Drive simule un zoom des éléments des bas-côtés.
(Super Hang-On)

 

Le son

À l'image d'OutRun, référence de son temps, Super Hang-On propose un choix de 4 musiques pour accompagner les courses. On choisit son thème de prédilection juste avant le départ, et c'est parti pour plusieurs étapes. Les mélodies en question sont de qualité correcte et se montrent à la fois entraînantes et parfaitement appropriées à ce genre de jeu. Sans devenir aussi mythiques qu'un Passing Breeze ou un Magical Sound Shower, elles assurent efficacement leur rôle en proposant un moment d'évasion. Chose amusante, le garage du mode Original dispose de la musique de fin d'étape de Turbo OutRun dans sa version arcade, laquelle était absente de l'adaptation Mega Drive, justement.
Riding Hero a plus de thèmes différents en magasin. Entre les musiques pendant les courses (5 différentes) et celles qui ponctuent les différents écrans du jeu, la variété est au rendez-vous. Concernant la qualité, si ce n'est pas désagréable à l'écoute, on reste un peu sur sa faim pour l'inspiration. Les musiques ne s'affirment pas tellement et, au final, n'ont absolument rien d'inoubiable.
À propos des bruitages, c'est, dans un cas comme dans l'autre, assez sommaire et pas très réaliste.
Super Hang-On, en retrait concernant le nombre de musiques, se rattrape grâce à ses thèmes plus inspirés que ceux de Riding Hero.

Avantage : Super Hang-On

Musiques très banales du côté de la Neo·Geo.
(Riding Hero)
Ici, on retrouve un petit arrière-goût d'OutRun.
(Super Hang-On)

 

La maniabilité

Super Hang-On, c'est un jeu de course, et un jeu de course signé Sega. Cela peut sembler léger comme argumentation, mais c'est suffisant. La moto répond parfaitement (ni trop vite, ni trop lentement), les touchettes avec les adversaires déstabilisent sans ruiner la course, les chocs avec les éléments du décor assurent un vol plané... Bref, quand on perd à Super Hang-On, on sait clairement pourquoi.
Riding Hero se montre plus mystique à ce niveau. Le moindre contact envoie la moto dans le décor, avec la chute qui va avec. Comme si cela ne suffisait pas, dépasser un adversaire lui donne des ailes : il va plus vite que la vitesse maximale de votre moto et c'est le rattrapage quasi-garanti, avec choc et gamelle si affinités. Ce n'est toujours pas assez crispant, il faut ajouter un peu de stress. Pas de problème, SNK a pensé à tout. Une route bien étroite et le tour est joué.
On l'aura compris, Riding Hero souffre très cruellement de la comparaison avec Super Hang-On. Le moindre contact pénalise de façon excessive le joueur qui ne peut pas toujours les éviter, à moins d'une gestion extrêmement rigoureuse du turbo.
Mieux conçu, plus confortable mais pas forcément plus facile (la course Europe en niveau Hardest promet beaucoup de sueur et de palpitations), Super Hang-On est exemplaire à ce chapitre.

Avantage : Super Hang-On

Attention, la moindre touchette sera fatale !
(Riding Hero)
Une route bien large, des collisions bien pensées, l'idéal.
(Super Hang-On)

La tension monte juste au départ à Suzuka.
(Riding Hero)
La course America est plutôt pour les joueurs confirmés.
(Super Hang-On)

 

La durée de vie

Super Hang-On reprend les 4 courses de la version originale. Chacune d'elles se déroule sur route fermée (pas de circulation comme dans OutRun, par exemple) et dispose de 24 environnements. Sega a ajouté un mode Original qui permet de simuler une carrière de pilote. Choix du mécanicien, défi d'un autre coureur, sponsor, gestion des pièces usées, argent à gagner, tout y est. On notera que la moto du mode Original peut être réutilisée en mode Arcade. Quel intérêt, celle du mode Original étant, à la base, carrément au niveau d'un Solex ? Eh bien, une fois ce mode achevé, on a une moto équipée des tout meilleurs accessoires et là, c'est encore mieux que celle proposée de base dans le mode Arcade.
Riding Hero propose 10 circuits, ce qui est en fait moins que les 4 longues courses de Super Hang-On. On ne va pas revenir sur la difficulté honteusement et artificiellement élevée du jeu. Parlons plutôt du mode Story, carrément proche d'un RPG. Gagner de l'argent, faire des paris, acheter une moto toujours un peu meilleure, défier des pilotes de haut rang, gérer sa santé et son repos, la liste d'actions à effectuer est assez impressionnante pour un jeu de ce type.
Super Hang-On l'emporte du côté de l'arcade et Riding Hero domine son rival pour la gestion de la carrière. Ils sont à égalité.

Avantage : Égalité

Les lieux à visiter sont assez nombreux en mode Story.
(Riding Hero)
"Top condition!"... Tant que la moto ne souffre pas trop.
(Super Hang-On)

 

Verdict : Super Hang-On

Sans surprise, le jeu de Sega domine celui de SNK dans de nombreux domaines, surtout dans celui de la jouabilité où Riding Hero est affublé de trop de défauts. Si réalisation et durée de vie sont à peu près comparables, le plaisir de jeu une fois sur le bitume est défitivement du côté de chez Sega.
Riding Hero pourra séduire celui qui recherche un titre un peu original avec un mode carrière développé. Pour les autres, Super Hang-On avec son mode Arcade long et difficile, son mode Original correct (mais très léger comparé au Story de Riding Hero, soyons bien clairs la-dessus) et sa maniabilité bien réglée satisfera davantage de joueurs.

Tarma

 
Le bilan
 
 

Les graphismes

L'animation

Le son

La maniabilité

La durée de vie

 
     

Retour aux comparatifs

Retour à l'accueil

   




 

SITES FILS