En 1991, SNK a cherché à asseoir sa Neo·Geo sur la scène arcade. Dans le domaine du jeu de combat, la firme s'est attaquée à la référence Capcom avec Burning Fight pour le beat them all et Fatal Fury pour le versus fighting, pour contrer respectivement Final Fight et Street Fighter II. Il y a bien eu aussi Sengoku, mais ce n'est pas un beat them all urbain classique. Arrive l'année 1992 et SNK doit montrer qu'on ne va pas en rester là. Son quatrième beat them all sur Neo·Geo (il y a eu Robo Army entre temps) est Mutation Nation, un titre à la réalisation particulièrement léchée.

Capcom et SNK ne sont pas les seuls acteurs du beat them all. Il y a bien sûr également Sega et son remarquable Golden Axe, sorti en 1989. Dans un genre plus classique (entendez par là plus proche de Final Fight), le mois d'août 1991 a vu arriver Streets of Rage, pour la Mega Drive. Certes excellent, certes correctement réalisé, son niveau technique était franchement un cran au-dessous des productions d'arcade, voire même du Final Fight sorti sur Super Famicom en 1990. Faisant taire ces critiques, Streets of Rage 2 arrive à la fin de l'année 1992 et s'impose d'emblée comme une référence, un jeu digne des meilleurs de l'arcade, la touche Sega en prime.

Arcade pure contre console version grand luxe, le choc entre deux beat them all de 1992 peut commencer !

 

Les graphismes

Mutation Nation est un jeu où les graphismes jouent un rôle important. On a droit à des décors à tendance post-apocalyptique du plus bel effet, ces derniers instaurant une ambiance des plus réussies. Non seulement l'ambiance est là, mais en plus la réalisation est de haut niveau. On en prend plein les yeux, Burning Fight faisant désormais figure d'essai. Avec Mutation Nation, c'est un véritable déluge de couleurs et de détails, le support étant bien exploité.
De son côté, Streets of Rage 2 fait très bien. Les progrès par rapport à son aîné sont flagrants. Ses décors sont variés et les couleurs sont très bien choisies malgré les capacités plus limitées de la console. Sega a fait de véritables prouesses, Street of Rage 2 lorgnant clairement vers certains titres arcade flashy comme Vendetta ou même Captain Commando. S'alignant également sur ses rivaux (et modèles), le jeu de Sega propose différents décors au sein d'un même stage, ce qui rompt la monotonie.
Grâce à ses immenses progrès, Streets of Rage 2 se hisse au niveau des plus jolis beat them all, fussent-ils d'arcade. Mutation Nation lui reste légèrement supérieur, surtout grâce à sa taille largement supérieure, permettent un bien plus grand nombre de détails.

Avantage : Mutation Nation

Savant fou, apocalypse, hommes mutants, le décor est planté.
(Mutation Nation)
Le style, bien que fortement amélioré, est fidèle au premier opus.
(Streets of Rage 2)

Ce parc est infesté d'hommes-fourmis.
(Mutation Nation)
La Mega Drive est admirablement programmée dans ce jeu, bravo !
(Streets of Rage 2)

 

L'animation

Mutation Nation et ses personnages imposants, ses effets de zoom et ses nombreuses petites animations imposent le respect. De plus, ralentissements et clignotements sont très rares, comme bien souvent sur Neo·Geo. On notera par ailleurs certaines interactions avec les décors, comme lorsqu'on saute dans l'eau dans les égouts ou que des vitres sont brisées dans la laboratoire du savant fou.
Streets of Rage 2 a bénéficié d'un grand soin de la part des programmeurs. Les personnages sont de bonne taille (quoique moins grands que dans Mutation Nation) et disposent d'une bonne animation. Le jeu signé Sega dispose de moins d'effets (quelques distorsions sympa sont tout de même à noter) et se révèle plus perfectible quand l'écran est chargé.
Plus régulier et profitant là encore de son support, Mutation Nation remporte cette deuxième manche.

Avantage : Mutation Nation

Certains ennemis arrivent du fond, en cassant le vitrage.
(Mutation Nation)
Les héros aussi bien que les ennemis sont très correctement animés.
(Streets of Rage 2)

 

Le son

Des thèmes tout à fait en accord avec les décors vous accompagneront dans Mutation Nation. C'est vraiment le jeu de l'apocalypse ! Leur qualité est correcte, bien qu'on puisse faire mieux sur Neo·Geo. Concernant les bruitages, c'est plutôt bon, même si certains détails pourront faire un peu sourire, comme le cri poussé par les héros lorsqu'ils chargent une attaque ou la râle vomitif des boss quand ils sont vaincus. Plus sérieux et plus gênant, des voix sont réutilisées d'un personnage à l'autre, ce qui a de quoi surprendre, au regard de la taille imposante du jeu.
Streets of Rage 2 bénéficie d'une bande son plus variée, plus entraînante, qui a davantage d'âme et de qualité équivalente. Bravo Yûzô Koshiro ! Quant aux bruitages, s'ils sont de moindre qualité dans Mutation Nation, ils se révèlent bien plus nombreux et variés, sans compter les impacts de coups retranscrivant parfaitement une grande puissance.
Bien plus mémorable et varié, Streets of Rage 2 prend ici sans souci le meilleur sur Mutation Nation.

Avantage : Streets of Rage 2

Ces camions font un bruit impressionnant au démarrage.
(Mutation Nation)
La pluie, un "Come on", une musique d'anthologie, ça va déménager !
(Streets of Rage 2)

 

La maniabilité

Mutation Nation ne permet qu'un enchaînement de coup, certes décliné à trois sauces différentes. Les personnages ont quatre pouvoirs spéciaux, il y a bien une prise au corps à corps et quelques combinaisons, mais c'est tout. Il manque par ailleurs la présence d'un coup qui permettrait de se dégager de mauvaises posture. Le seul coup qui consomme de l'énergie vitale se joue en concentration, ce qui est totalement inadapté aux situations critiques.
Avec Street of Rage 2, l'amateur de beat them all est à la fête. Précision redoutable, magies dévastatrices, armes à foison, projections variées, tout y est. Il ne manque que les combinaisons du premier épisode pour que le tableau soit parfait. Le titre de Sega est une véritable invitation à réinterpréter la multiplication des pains, façon musclée.
Ici Street of Rage 2 ne laisse absolument pas la moindre chance à Mutation Nation. Là où le jeu de SNK pêche, celui de Sega brille de mille feux.

Avantage : Streets of Rage 2

Les coups de pieds sautés manquent cruellement de précision.
(Mutation Nation)
Duel sur la plage entre Axel et Skate. Des armes sont à disposition.
(Streets of Rage 2)

Cette discothèque n'est vraiment pas le lieu pour draguer.
(Mutation Nation)
Blaze gaspille sa magie contre un vulgaire tonneau.
(Streets of Rage 2)

 

La durée de vie

Le jeu de SNK propose 2 personnages (dédiés à chaque joueur, malheureusement) et 6 niveaux assez difficiles. Le jeu n'est pas très long (une grosse demi-heure) mais dès la deuxième moitié, attention à bien économiser ses crédits, tant ils peuvent défiler rapidement.
Du côté de chez Sega, ce sont 8 stages, 4 personnages très différents, 2 mode de jeu (Story et Duel), plus d'options, plus de coups... Le joueur est choyé avec toute cette abondance. Quant à finir le jeu, c'est vraiment ardu au niveau Hardest et une fois cela fait, le code pour jouer en Mania apparaît pour les plus téméraires.
Bon, là aussi, on comprendra que Street of Rage 2 remporte haut la main ce round.

Avantage : Streets of Rage 2.

Deux héros identiques et alloués à chacune des manettes.
(Mutation Nation)
Un choix de quatre personnages, chacun offrant sa propre jouabilité.
(Streets of Rage 2)

 

Verdict : Streets of Rage 2

Malgré sa relative infériorité technique, Streets of Rage 2 ne laisse pas une chance à Mutation Nation. De plus, il n'est pas largué sur le plan de la réalisation car la Mega Drive est fort bien exploitée. Mutation Nation reste un bon beat them all, surtout sur Neo·Geo où il fait bonne figure. Mais face à un monument du genre, et malgré tout ce que peut apporter une Neo·Geo, il faut admettre qu'il perd beaucoup de sa superbe.

Tarma

 
Le bilan
 
 

Les graphismes

L'animation

Le son

La maniabilité

La durée de vie

 
     

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