Bien que présents, à l'aube des années 90 les jeux de plates-formes ne sont pas des plus courants dans le monde de l'arcade. Capcom s'est particulièrement illustré avec ses Ghouls'n Goblins, Strider ou encore Ghouls'n Ghosts. Le papa de Mega Man débute la décennie avec Mega Twins, un titre aux graphismes très colorés et enfantins (le fameux style "kawaii"). Alpha Denshi n'est fort d'aucune expérience dans le domaine, si ce n'est son premier essai qui fut Magician Lord en avril 1990, sur Neo·Geo. Blue's Journey constitue donc son deuxième titre du genre, toujours sur Neo·Geo.

Graphismes kawaii, plate-forme pour l'arcade, ce titre doit se frotter à une concurrence aguerrie, dont Mega Twins. De la plate-forme mignonne et colorée se conjuguant au passé d'une expérience solide ou au futur d'un système de légende alors en début de vie, tel est le choix offert au joueur.

 

Les graphismes

Bien qu'on retrouve très logiquement des similitudes de style entre nos deux jeux, on peut noter quelques variations. Mega Twins fait furieusement penser à certains jeux Sega, comme Alex Kidd ou Wonder Boy. À cela on peut ajouter le savoir-faire de Capcom en la matière. Cela nous donne un ensemble résolument coloré, certes peu mâture, mais tellement propre et net. Les différents niveaux à visiter sont variés (forêt, grotte, fonds marins, château, etc.), entraînant le joueur dans un univers féérique et chamarré.
Blue's Journey s'acquitte très honorablement de sa tâche. Outre des couleurs logiquement gaies et vives, les décors ont l'avantage de présenter de nombreux dégradés de couleurs, plus rares dans le jeu de Capcom. L'aventure se déroulera dans divers lieux : montagne enneigée, forêt luxuriante, château improbable fait de Lego... Seul bémol, les héros sont trop petits.
Malgré des protagonistes de taille modeste, Blue's Journey s'affranchit davantage de l'époque des 8-bit que son rival. Si Mega Twins fait penser à un jeu des années 80 avec sa réalisation sans bavure, Blue's Journey préfigure plus la décennie suivante, aidé par ses graphismes bien fouillés et ses dégradés de couleurs. Il remporte de peu la manche.

Avantage : Blue's Journey

 
Pas le temps de jouer aux Lego, l'aventure n'attend pas !
(Blue's Journey)
Un sérieux goût de Wonder Boy, en version haut de gamme.
(Mega Twins)

 
Après être descendu du bateau, Blue rétrécit pour explorer ce tunnel.
(Blue's Journey)
Combat dans un château englouti contre un curieux scorpion.
(Mega Twins)

 

L'animation

L'animation n'est pas le domaine où nos deux jeux vont s'illustrer. Les personnages sont dans les deux cas sommairement animés (en mouvement, il n'y a guère que les jambes qui bougent) et les effets plutôt rares. Mega Twins aura bien une distorsion par ci, Blue's Journey proposera des arbres s'inclinant sous le vent par là, mais rien d'exceptionnel. Les deux disposent de scrollings différentiels, ces derniers étant plus amples du côté de Blue's Journey. Ils sont globalement équivalents, chacun ayant également son lot d'animations humoristiques.

Avantage : Égalité

Les jets d'eau clignotent pour simuler une transparence.
(Blue's Journey)
Ce passage sous-marin présente de jolis effets de distorsion.
(Mega Twins)

 

Le son

Mega Twins dispose de musiques très quelconques qu'on a du mal à distinguer correctement. Ajoutons à cela une sorte d'alarme très stressante qui se déclenche lorsque la barre de vie est sérieusement entamée. Le système CPS n'est pas un modèle pour la qualité musicale et cela se vérifie encore ici. Les bruitages sont typiques de l'époque des 8-bit, c'est-à-dire sans grand rapport avec l'action.
Blue's Journey tombe d'ailleurs dans le même travers, le bruit du saut étant par exemple bien difficile à rapprocher de quelque chose de connu. Le titre d'Alpha Denshi, sans atteindre des sommets, s'en sort un peu mieux concernant les musiques, généralement plus affirmées. Il remporte cette manche sans briller.

Avantage : Blue's Journey

Musiques correctes et bruitages basiques pour le jeu d'Alpha Denshi.
(Blue's Journey)
Une affreuse sonnerie retentit quand il ne reste que peu de vie.
(Mega Twins)

 

La maniabilité

Capcom est un habitué des jeux à la jouabilité précise et ce n'est pas Mega Twins qui va faire exception à cette règle. Tests de collision bien gérés, héros très maniables, il n'y a rien à redire. Les personnages disposent d'un petit bouclier de protection ainsi que de trois bombes. Lorsqu'on les a toutes utilisées, un barre Magic apparaît. Elle se charge sans arrêt et quand elle est pleine, le coup d'épée qu'on assène est accompagné d'un projectile magique. Cela vide la barre, elle se remet donc à se remplir et ainsi de suite. Outre cela, les héros peuvent descendre directement d'une plate-forme ( + saut), voler, nager et même grimper aux murs, ce qui peut également parfois sauver d'une chute certaine, conséquence d'un saut mal exécuté.
Blue's Journey a pour sa part plusieurs armes, chacune pouvant être améliorée. Lorsqu'on joue à deux, un personnage peut porter son compagnon, ce qui permet d'atteindre certaines plates-formes inaccessibles si on est seul. Encore plus intéressant, le joueur le plus expérimenté peut porter son camarade pour franchir un passage délicat. Justement, concernant la précision des sauts, il faut avouer que c'est moins pointu chez Alpha Denshi que chez Capcom. Enfin la possibilité de rétrécir à volonté (au prix de devenir désarmé) ajoute encore de la variété aux situations proposées.
Davantage varié et un peu plus précis dans sa jouabilité que Blue's Journey, Mega Twins remporte ici la victoire.

Avantage : Mega Twins

 
Attention à bien viser les plates-formes, la lave ne pardonnant pas.
(Blue's Journey)
Petite séance aérienne mouvementée pour le héros.
(Mega Twins)

 
Blue peut nager, mais attention aux toiles d'araignée extensibles !
(Blue's Journey)
Nos jumeaux peuvent grimper le long des parois.
(Mega Twins)

 

La durée de vie

Mega Twins permet de choisir son niveau de départ parmi trois, chacun symbolisant un élément : le terre, l'air et l'eau. Ensuite on fait les deux autres dans l'ordre qu'on veut. Le quatrième se divise en 5 stages, enfin vient le dernier. Cela fait un total de 9 stages à explorer, en quelque sorte. Le jeu se montre étonamment facile pour du Capcom et le terminer en quelques crédits n'est pas insurmontable du tout. La possibilité de jouer à deux est fréquente dans les jeux d'arcade, et Mega Twins ne déroge pas à cette règle.
De son côté, une partie de Blue's Journey s'étale sur quatre niveaux mais il y en a six en tout (avec le jeu des chemins alternatifs), ce qui empêche d'en faire le tour dès la première partie. Chacun de ces six niveaux en question est divisé en deux, trois ou même quatre niveaux. Pas si facile que cela à terminer, Blue's Journey dispose heureusement de nombreux magasins et maisons à visiter. On peut y gagner divers bonus, souvent très intéressants. Comme dans Mega Twins, on peut jouer à deux.
Plus long, un peu plus difficile, également jouable à deux et proposant un petit côté aventure avec ses maisons et boutiques à visiter, Blue's Journey prend ici la tête.

Avantage : Blue's Journey

Chaque boss a son propre schéma d'attaque à trouver et à déjouer.
(Blue's Journey)
En plus de cracher du feu, ce dragon bicéphale envoie de gros œufs.
(Mega Twins)

 

Verdict : Blue's Journey

Eh oui, contrairement à ce qu'on aurait pu croire au départ, le jeu d'Alpha Denshi surpasse globalement son rival de Capcom. À la décharge de ce dernier, précisons que Blue's Journey est sorti neuf mois après, qu'il pèse presque deux fois plus lourd et que son support est plus récent. Cela n'enlève rien à son mérite, d'autant plus que ce n'est que le second (et donc dernier) jeu du genre signé Alpha Denshi.
Plus long, un peu mieux réalisé, Blue's Journey est un bon jeu, sans toutefois renvoyer dans les cordes Mega Twins.
Le titre de Capcom se montre également joliment réalisé et, surtout, il a pour lui une jouabilité un peu plus précise ainsi qu'une action plus soutenue. On notera enfin qu'il n'est pas nécessaire de posséder un système CPS-1 pour s'y essayer. Il est également sorti sur Atari ST, Amiga, Mega Drive (sous le nom de Chiki Chiki Boys, même en version européenne), PC Engine, PSP et PlayStation 2. Il serait donc dommage de passer à côté.

Tarma

 
Le bilan
 
 

Les graphismes

L'animation

Le son

La maniabilité

La durée de vie

 
     

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