La dernière fois qu'un Samurai Shodown a investi une console grand public chez nous, c'était le calamiteux Samurai Shodown III sur PlayStation. Cette série a donc laissé un goût très amer en Europe, ce qui n'a pas encouragé à localiser ses suites. L'épisode IV est bien sorti sur cette même console ainsi que sur la Sega Saturn, mais uniquement au pays du soleil levant. Quelques années plus tard Samurai Shodown revient, cette fois sur une console de génération suivante, la PlayStation 2. Samurai Shodown V sort d'abord au Japon le 29 juillet 2004 (sous le nom de Samurai Spirits Zero) puis le 25 mai 2006 en Europe. Oui, vous avez bien lu, il y a presque deux ans de décalage, chapeau bas à Ignition Entertainment pour leur célérité à traduire un jeu aussi riche en texte et scénario. Comble du comble, ce jeu arrive six mois après l'adaptation de Samurai Spirits: Tenkaichi Kenkakuden sur PlayStation 2 japonaise. On croit rêver. SNK Playmore nous propose donc (très, très tardivement) Samurai Shodown V. Pour rappel, l'histoire se situe avant tous les autres épisodes et raconte la tentative d'un général devenu fou, Gaoh, de lever une armée à sa solde. Pour plus de détails sur cela ainsi que sur le reste du jeu en lui-même, il y a le test complet de la version originale ici. Première surprise, l'intro a été traduite en anglais, et ce même au niveau de la voix-off. Une voix bien américaine et puissante, on perd du même coup en ambiance japonaise.
Les
modes de jeu
sont les suivants.
L'écran de sélection est extrêment proche de la version originale à deux détails : le bouton Select permet de revenir à l'écran-titre et, surtout, il y a deux cases supplémentaires.
À gauche de Yoshitora et à droite d'Haohmaru nous avons Yumeji et Sankurô. La notice annonce par ailleurs que non seulement Gaoh est également disponible, mais aussi Amakusa, Zankurô et Mizuki ! On aurait donc un jeu se rapprochant de Samurai Shodown V Special, ce dernier point restant toutefois à vérifier.
À l'instar de l'intro, les séquences intermédiaires ont été traduites, tandis qu'elles étaient carrément absentes de la version américaine originale. On peut donc enfin tout apprendre sur le scénario du jeu.
Pour résumer, on a la version japonaise de Samurai Shodown V (Samurai Spirits Zero, donc), mais entièrement en anglais.
On retrouve exactement les mêmes stages que sur Neo·Geo : aucun ajout ni de version alternative en 3D ou en résolution plus élevée. C'est donc inférieur à Samurai Shodown IV avec des reprises plus ou moins discutables et des nouveaux stages sympathiques, mais sans plus.
Pour couronner le tout,
SNK Playmore a d'ailleurs à ce sujet décidé de
mettre un filtre sur l'image pour en atténuer les pixels. Le
souci est qu'il n'est ni désactivable, ni réglable.
Ajoutons qu'il est beaucoup, beaucoup trop fort. On obtient au final
une image trop floue aux couleurs fânées.
Autre souci, de nombreux chargements viennent ponctuer le déroulement du jeu. Si des années avant cela passait bon gré, mal gré sur Neo·Geo CDZ, Saturn et PlayStation (quoique, pour cette dernière, bof...), désormais sur PlayStation 2, pour un jeu en 2D en basse résolution, cela n'est plus du tout acceptable
L'animation est assez rapide, compte tenu du fait que le mode 60 Hz est proposé, voilà un bon point pour ce jeu. Cependant elle marque inévitabelement le pas par rapports aux épisodes plus récents que sont Samurai Shodown V Special et Samurai Shodown VI, pourtant sortis avant. Autre aspect où il y a quelques changements, les musiques. Celles originales sont toujours aussi sympathiques (bien que moins inspirées que celles, magnifiques, de l'épisode III), mais quand on écoute les réorchestrations, là cela devient carrément bon ! C'est instrumental à souhait, des thèmes longs et complets... Bref, cela plaira aux amateurs des musiques Neo·Geo CD des années 90. Enfin dernier ajout, le sang. Désormais, il n'y a plus besoin d'astuce pour jouer avec des flots d'hémoglobine. Cependant SNK Playmore aurait pu jouer à fond le jeu et inclure les Overkill de Samurai Shodown V Special tant controversés à une époque. Le jouabilité en crispera plus d'un, vu le déséquilibre entre certains personnages : Sankurô donne envie de jeter la manette par la fenêtre et Gaoh est très difficile à vaincre. Ces défauts ont été corrigés dans les épisodes Special et VI, mais bien sûr, pour les Européens, il faut se contenter de cet épisode V.
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