The King of Fighters Neowave
 
 

Support :

 
     

Juillet 2004 a été un tournant important dans l'histoire de SNK Playmore, et cela à deux titres. D'une part, cela a été le mois de la sortie de l'ultime jeu de la Neo·Geo : Samurai Shodown V Special. Il était plus que temps de laisser en paix le système mythique créé par SNK pour passer à autre chose. C'était un peu triste, surtout pour les fans de la Neo·Geo, mais il fallait se résigner. D'autre part, ce mois de juillet 2004 a marqué l'arrivée du premier jeu de la firme sur un support arcade plus récent et dérivé du Naomi de Sega (l'Atomiswave) : The King of Fighters Neowave. Cela a été le début d'une collaboration entre SNK Playmore et Sammy, à qui on doit notamment les Guilty Gear. Abandonner la Neo·Geo pour un support plus moderne est un bonne idée, le tout étant d'être à la hauteur de l'évènement. Les fans attendaient énormément (trop ?) de ce premier KOF sur Atomiswave.
The King of Fighters Neowave investit à présent la PlayStation 2, et ce même en version localisée pour notre Vieux Continent, on ne va pas s'en plaindre !

Tout commence ma foi fort bien, le jeu tenant sur un DVD et non un CD, ce qui était le cas des localisations précédentes d'Ignition Entertainment. Cerise sur le gâteau, le mode 60 Hz n'a pas été oublié.

S'ensuit une petite intro très classique : les différents personnages défilent sous forme d'images fixes, le tout accompagné d'une musique anodine au possible. C'est franchement moyen mais un KOF ne se résume pas à son intro. Loin s'en faut.


Inutile de s'attarder sur cette intro ni sur l'écran-titre, aussi décalé que cette dernière. Le menu d'accueil est bien plus engageant. En effet, il dispose d'un bon nombre de possibilités.
- Team Play : on forme une équipe et on se plonge dans le tournoi KOF.
- Team VS : voici l'occasion de proposer à un ami un combat par équipes.
- Single Play : similaire au Team Play, à ceci près qu'on ne prend qu'un seul combattant.
- Single VS : similaire au Team VS, à ceci près qu'on ne prend qu'un seul combattant.
- Practice : un mode idéal pour se familiariser avec les commandes et pour tester quelques enchaînements.
- Game Option : complètes, les options proposent de nombreux réglages, du niveau de difficulté au mode de sauvegarde, en passant par le son (original ou remixé) et les graphismes (en 3D ou originaux, pour les décors).
- Gallery : ici vous pourrez visionner à loisir les illustrations du jeu.

Pour balayer toute crainte, précisons que le mode Practice est bien fourni, SNK Playmore n'ayant pas refait l'erreur qu'il avait commise avec KOF 2003 sur Neo·Geo (erreur corrigée sur PlayStation 2, justement).

Les personnages peuvent être réglés de manière assez fine (oh le vilain jeu de mots !). En effet, ces derniers sont directement issus de KOF 2002, un jeu en basse résolution. Ils ont donc du mal à s'intégrer dans des décors prévus pour être affichés en 640x480 pixels. SNK Playmore a prévu un filtre graphique permettant d'atténuer cette pixellisation. Il y a 6 filtres plus ou moins forts. Il y a également la possibilité d'éditer les couleurs des différents personnages. Même si cela ne vaut pas un nouveau costume dans un jeu en 3D (quoique, dans ce dernier genre, les choix sont parfois atroces), cela reste une attention appréciable.

Revenons un moment sur le mode Gallery. Il n'est pas criticable en tant que tel, c'est plutôt ce qu'il propose qui laisse à désirer. En effet, les illustrations de jeu sont parfois très correctes, comme pour Mai ou Vice, et parfois hideuses, comme pour Takuma et Robert. L'iilustrateur semble avoir quelques soucis avec les nez, en particulier ceux des hommes. Il est bien entendu bien plus facile de critiquer que de réaliser, cependant KOF nous avait habitué à mieux, si on excepte ceux du millésime 2001.

Cela di,t il ne faut pas s'arrêter à ces points décevants et donner une chance au jeu. L'écran de sélection est très fourni, il propose pas moins de 36 personnages de base auxquels s'ajoutent des combattants cachés. Ces derniers se débloquent via le mode Survival Endless. En se positionnant sur certaines cases et en pressant le bouton R1, on fait apparaître de nouveaux personnages.
- Kyô : Kusanagi
- K' : Geese (jeune)
- Ramon : Maxima
- Vanessa : Whip
- Yashiro : Orochi Yashiro
- Shermie : Orochi Shermie
- Chris : Orochi Chris
- Saisyû : Rugal
- Kula : Angel
- Shingo : Seth
- Jhun : Kim
- Chang : May Lee
Ce qui nous fait, en étant très généreux, un total de 48 personnages.

Un second choix est proposé, il s'agit du mode de gameplay.
- Le Super Cancel donne 3 Power Gauges, lesquelles se remplissent en donnant ou en recevant (dans une moindre mesure) des coups. On peut faire des Desperation Moves et même annuler un coup ou un enchaînement en le payant au niveau de la Power Gauge.
-
Le Guard Break nous permet de retrouver avec plaisir les Just Defended de Garou: Mark of the Wolves. Pour rappel, il s'agit d'une parade faite au dernier moment. On ne perd pas de santé et la jauge de pouvoir (il y en a jusqu'à deux) se remplit. Il y a également un brise garde qu'on effectue ainsi : + poing fort et pied fort.
- Enfin le mode Max 2 est le plus indiqué pour les débutants. Il ne dispose que d'une seule barre de pouvoir, laquelle se remplit sans arrêt. Les Desperation Moves sont limitées dans leur puissance, mais moins dans leur nombre.
Ce choix est assez important car il conditionne la gestion des attaques de vos personnages. Une fois qu'il est fait, il ne reste plus qu'à déterminer l'ordre de passage des combattants.

On se retrouve enfin au cœur du combat, pour des joutes par équipes de 3, à l'instar des autres Dream Matches de la série. Le jeu sera visuellement similaire à la version Atomiswave si on a opté pour l'option d'affichage "Arcade", tandis que le "Normal" propose des décors en 3D, plus aérés et moins fouillis.

Affichage "Arcade" (2D)
Affichage "Normal" (3D)

Par ailleurs les stages 3D ont la particularité d'être en deux variantes. La première correspond en gros au décor sur Atomiswave et le second est vu généralement sous un angle différent, à un autre moment de la journée. Ils sont au nombre de 8, ce qui est assez correct pour un King of Fighters.

Train Hangar
Dans cette gare où on stocke les trains de marchandises on peut voir un panneau lumineux vantant l'Atomiswave.

Harbor
Un stage très industriel avec ses grues rouillées et ses vieux cargos en réparation.

Clock Tower
Ce décor n'est pas sans rappeler celui de KOF '99 Evolution, sauf qu'ici il y a moins d'animations annexes. Des rayons de soleil puis de lune traversent la pièce.

Green House
Coloré et sympathique, voici un joli stage pour ce KOF Neowave. On lui reprochera cependant son aspect trop symétrique.

Ancien Ring
Ce temple, probablement localisé en Thaïlande, est une ancienne aire de combat.

Plant
Cette usine s'inspire du stage Factory de KOF 2000, en moins détaillé. La seconde variante a des vapeurs qui font ralentir le jeu.

Bridge
Un décor urbain sur un pont, tout près de la circulation automobile. Le combat se termine au crépuscule.

Boss Stage
Vous voilà de retour à Southtown, dans l'immeuble de Geese. Un aquarium géant infesté de requins se trouve au niveau inférieur. Allez-vous leur servir de déjeuner ?...

Ces décors, assez fouillis en 2D, deviennent plus nets et aérés en 3D. Ils ont cependant toujours le défaut de n'avoir absolument aucun spectateur : les stages de ce King of Fighters Neowave sont terriblement vides (et pas très inspirés) ! Il faut toutefois préciser que quelques ralentissements apparaissent dans ces décors 3D. De plus, les combattants n'y sont pas très bien intégrés, leur résolution provenant de la Neo·Geo. Il paraîtrait, pour être exact, qu'ils sont tirés de KOF 2002 sur Dreamcast. L'Atomiswave n'était pas vraiment exploitée, et la PlayStation 2 l'est à peine davantage. Enfin un mot sur les effets visuels, surtout lors des certains super coups : les éclairs sont vraiment affreux et hors de propos.

La bande son est convaincante en ce qui concerne les bruitages : voix et autres impacts percutants sont au rendez-vous.
Les musiques sont bien plus anodines, oscillant entre le jazz et la musique d'ascenseur. Les versions "Arrange" n'apportent pas grand chose. Et quelle erreur de ne pas avoir mis la musique mythique de Geese pour le dernier stage, alors que SNK n'avait pas commis cette erreur pour Art of Fighting 2 !

Toujours à propos de ce boss de fin, il est curieux que SNK Playmore n'ai pas plutôt inclus Geese dans sa version plus âgée, comme dans SVC Chaos, par exemple. Au moins avons-nous un sprite nouveau, c'est toujours ça de pris.

Il reste à ce KOF sa jouabilité. C'est un KOF, basé sur le 2002, qui plus est. Solide, précis, proposant une sacrée marge de progression, il tient ses promesses. Les trois modes de jeux sont une bonne idée et permettent à chacun de trouver ses marques. Signalons le mode Heat (touche L2). Le personnage devient rouge et très puissant, le prix à payer étant une barre de santé qui décroît jusqu'à la zone rouge, où le mode Heat devient impossible.

Les temps de chargement sont imperceptibles et idéalement placés, on est très loin de King of Fighters 2002 sur PlayStation 2 Pal, ouf.

 
Au final
 
 

KOF Neowave n'est pas la suite tant attendue de KOF 2003. Il garde un très sérieux goût de Neo·Geo, à part ses décors plus fins et en 3D (sur PlayStation 2). La version Atomiswave est d'ailleurs quasi contemporaine de KOF 2003 sur Neo·Geo AES. Non, la vraie suite est KOF XI. Ce KOF Neowave est à prendre comme un Dream Match (c'est ce qu'il est) sorti sur Atomiswave mais pas forcément conçu pour ce système. Le prix de l'adaptation sur PlayStation 2 étant franchement correct, il n'y a pas de raison de s'en priver une fois qu'on est averti.
C'est loin d'être le meilleur des KOF : il n'exploite que très partiellement son support. Cependant cela reste un KOF, certes moyen, mais plaisant et jouable.

- 48 personnages (44, en étant plus sévère)
- Jouabilité bien réglée
- 3 modes de jouabilité
- Décors 3D évolutifs
- Présence de musiques Arrange
- Options nombreuses

- Pas à la hauteur du support
- Musiques et décors déroutants
- Boss de fin décevant
- Artworks et effets visuels de mauvais goût

Tarma

 
     

   




 

SITES FILS