Art of Fighting
 
 

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Il est de ces jeux dont on sait dès le départ qu'ils seront bien difficiles à adapter sur d'autres supports. C'est le cas d'Art of Fighting. Même si ce n'était pas son but premier (cela reste un jeu d'arcade à la base), lorsqu'il est sorti en 1992, il montrait clairement la supériorité technique de la Neo·Geo par rapport aux autres 16-bit du marché, la Super Nintendo et la Mega Drive : personnages gigantesques, zooms impressionnants, détails à foison, etc. Cela s'est vérifié lorsque Takara a tenté d'adapter en octobre 1993 ce jeu sur la console de Nintendo. On a eu droit à une vision étriquée du jeu perdant toute sa saveur. Pour couronner le tout, Takara ne s'était pas spécialement appliqué et aurait tout de même pu mieux faire. Voici que le 13 janvier 1994 c'est au tour de la Mega Drive d'accueillir Art of Fighting, le tout sous la direction de Sega, cette fois.

Bien entendu, la cartouche ne contient plus 102 Mbits, mais seulement 16 Mbits, à l'instar de la version Super Nintendo. Cela se ressent dès le début avec l'intro. En effet, si on a toujours le cadre de photo de famille avec Yuri qui est brisé, la suite est totalement modifée avec une présentation classique des personnages sur un fond urbain rappelant Mutation Nation.


Le jeu propose deux modes de jeu (1 Player et 2 Players) ainsi que des Options comprenant la configuration des boutons (la manette à 6 boutons est gérée), le niveau de difficulté (Normal ou Hard), la durée d'un round, le nombre de rounds et un Sound Test. On remarquera également tout en bas de l'écran d'accueil un Stage Select. Cela est utile pour choisir son stage en mode 2 Players, mais peu pratique car la décision est prise pour toute la séance de Versus.

En mode 1 Player, on retrouve le déroulement du jeu sur Neo·Geo : enquête musclée dans les rues de Southtown pour retrouver Yuri Sakazaki, la petite sœur de Ryô. La différence la plus notable est un nouvel écran de sélection ne dévoilant que Ryô et son ami Robert, sans les autres personnages du jeu en grisé.

Le mode 2 Players est un Versus tout ce qu'il y a de plus classique. On a le choix entre les 10 combattants du jeu, les cases de Mr Big et Mr Karate étant disposées différemment des versions Neo·Geo et Super Nintendo. Petite déception, il n'y a pas d'écran pour paramétrer le Versus (handicap, choix du stage), comme dans Street Fighter II' ou Fatal Fury 2.

Évidemment, il est inimaginable d'avoir un jeu identique à la version Neo·Geo. Sega propose toutefois des décors assez fidèles avec un bon nombre de détails. Le manque de couleurs se fait quand même un peu sentir, surtout dans le stage de Mr Big qui devient à dominante mauve. L'ensemble reste très réussi pour une Mega Drive et, surtout, plus détaillé que sur Super Nintendo.

version Mega Drive
version Neo·Geo

Les personnages sont par contre trop petits, tout juste un peu plus grands que dans Street Fighter II'. Il est clair qu'on n'attend pas de zoom dans cette version, mais des personnages plus imposants auraient compensé en partie cela. C'est Art of Fighting, tout de même ! Leur animation manque de souplesse et d'étapes intermédiaires, par ailleurs.
En revanche les décors gagnent un petit effet bien connu des amateurs de Street Fighter II : ils ont désormais droit à un scrolling ligne par ligne.

Le son est, à l'image des décors, plus réussi que sur Super Nintendo. Enfin, il convient de nuancer. La console du plombier propose davantage de voix, par exemple pour la présentation d'un combat en Versus. Du côté des musiques, la version Mega Drive s'en sort mieux avec des thèmes aisément reconnaissables, bien que certains soient d'une sonorité trop criarde.

Sega a pris le curieux parti d'allouer le même nombre de Mbits pour cet Art of Fighting que pour la version de Takara, sur Super Nintendo. D'habitude, la Mega Drive a droit à une poignée de Mbits en plus, comme le font Capcom et Takara, justement. Cela permet généralement de compenser en partie une faiblesse technique par un habillage plus travaillé et des détails supplémentaires. Ici ce n'est pas le cas, alors qu'on aurait pu avoir des personnages plus gros, un mode 1 Player vs COM ou une intro plus fidèle, par exemple.

La maniabilité a été revue avec des timings différents mais... toujours aussi difficiles à maîtriser, voire davantage ! Cette fois, les habitués d'Art of Fighting dans sa version arcade seront autant dépaysés que les accros de Street Fighter II'. Art of Fighting restant un jeu difficile, on se retrouve souvent à user de techniques stupides pour avoir raison du CPU. Cela étant, c'était déjà un peu le cas sur Neo·Geo.

 
Au final
 
 

Autant lever un doute : Art of Fighting sur Mega Drive est probablement meilleur que son homologue sur Super Nintendo, même si ce dernier a un semblant de zooms et des personnages plus grands. Sega signe ici une adaptation correcte, notamment au niveau graphique, qui exploite bien sa console 16-bit.
Cependant, cette adaptation est loin d'être exempte de défauts. Sa jouabilité mal révisée, ses personnages trop petits et l'impossibilité de jouer avec tous les combattants contre la console font vraiment regretter que le jeu n'ait pas eu droit à une petite rallonge de Mbits. Ce titre est tout de même un bon cran en dessous de Street Fighter II', Mortal Kombat II ou Fatal Fury 2. Quant à le comparer avec Super Street Fighter II, n'y pensons même pas.

- Options assez complètes
- Mr Big et Mr Karate jouables dès le départ en Versus
- Décors réussis et fidèles dans l'ensemble


- Jouabilité retouchée à mauvais escient
- Pas de zoom
- Personnages un peu trop petits

Tarma

 
     

   




 

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